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Maroc: MoMo 6: le roi des pauvres

21062009

La richesse du monarque a augmenté de 1 milliard de dollars au cours des derniers années avec la monté des prix phosphates. La plupart des monarchies ont vu leurs fortunes chuter , sauf le Roi du Maroc, Mohammed VI, dont les 12 palais coûtent $ 1 million en frais de fonctionnement. cette année ,sa richesse nette est de 2,5 milliards de dollars, faisant de lui le seul parmi les 15 plus riches monarchies du monde qui a fructifié sa fortune au cours de l’année. Son grand atout est le fait que son pays detien le quasi-monopole dans les phosphates. Une composante clé dans l’engrais, le phosphore, est essentiel dans la production alimentaire mondiale. « Vous ne pouvez pas survivre sans phosphate – chaque cellule de votre corps en dépende », dit Michael Lloyd, directeur de recherche à l’Institut de recherche en phosphate de la Floride. Maroc contrôle près de la moitié des reserves mondiale des phosphates. L’année dernière, il a extrait 28 millions de tonnes metrique de phosphate , ce qui en fait le troisième plus grand producteur au monde, derrière la Chine et les États-Unis, et le plus gros fournisseur. Les revenus des phosphates forment près de la moitié des revenus du pays. Il s’agit d’une affaire rentable. L’entreprise de l’Etat, l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) a réalisé prés de 2,8 milliards de dollars de bénéfices net l’année dernière, une augmentation 9 fois plus élevé que l’année précédente, grâce à une forte augmentation des prix du phosphate, qui ont touché un plafond de 500 $ la tonne en Juillet 2008, soit cinq fois la moyenne de 2007 et plus de 12 fois la moyenne de 2006. Le roi lui-même parle de phosphates rarement, préférant se concentrer sur des questions socialement progressistes comme les droits de la femme et le niveau de vie. Il a créé un nouveau code de la famille, qui octroi aux femmes plus de droits et a récemment lancé une initiative de $ 6 milliards de dollars pour construire des logements pour les démunis dans les zones urbaines du Maroc. Mais il a un part des profits et presque certainement une main mise sur l’OCP, en particulier l’utilisation du «monopole», en influant sur l’augmentation des prix du phosphate. «C’est une réalité à laquelle on doit faire face: l’industrie des engrais au Maroc est géré par le gouvernement », dit Lloyd. « Dans les années 1970, vous pouait obtenir les phosphates pour 4 $. Puis, un jour, ils ont juste décidé d’augmenter le prix à 20 $. » Un autre analyste a reproché l’an dernier la monté des prix à des manœuvres de l’OCP , même si la montée en flèche de la demande agricole et le resserrement de l’offre ont certainement été des facteurs à consideré. Cette année la récession a provoqué la chute des prix sous les 200$, mais assez pour permettre pour le roi mohamed VI de se classer parmi les 7 plus riches monarchies au monde. Le monarque marocain, qui a pris la succession à son défunt père Hassan II en 1999 n’a encore que 45 ans, pourrait encore améliorer son classement, grâce à la rareté de ses pierres précieuses. La croissance de la population mondiale, aura pour effet d’augmenter de plus en plus la demande pour cette matière moins abondante. Les États-Unis s’attendent à épuiser ses réserves dans les 40 prochaines années. Déjà, deux entreprises américaines leaders en engrais, Mississippi Phosphates et Agrifos Fertilizer, s’approvisionnent auprés de l’OCP. Les réserves du Maroc, le plus vaste au monde, sera exploité dans le cadre du prochain siècle. Il ya aussi des menaces politiques. Bien que le Maroc sous le règne du roi Mohammed VI est globalement assez calme et pro-occidentale, environ un sixième de ses phosphates est issu du Sahara occidental. Le Maroc a annexé l’ancienne colonie espagnole en 1975 en dépit des réclamations concurrentes de la région par la Mauritanie et le mouvement indépendantiste soutenu par l’Algérie. La guère entre les Marocains et le Polisario en faveur de l’indépendance a pris fin après un cessez-le-feu négocié par l’ONU en 1991, mais la région est encore considérée comme un territoire occupé. Le Maroc de son plan visant à développer la production de phosphate dans la région a été sous le feu de militants des droits de l’homme et les menaces par le Polisario de la violation du cessez-le-feu. les militants ne sont pas les seuls qui devraient se préoccuper de l’agitation dans la région riche en ressources: moins de phosphates, moins d’engrais, donc une menace de la production alimentaire mondiale. Mais contrairement au pétrole, qui a des substituts comme le biodiesel ou le propane, « il n’ya pas d’alternative au phosphore», explique David Vaccari, un professeur de génie au Stevens Institute of Technology. Il appelle l’imminence de la pénurie de phosphate « la question dormante de notre temps. »

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Maroc :Les prisons marocaines ne valent pas mieux que Guantanamo

19112008

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Les prisons du Maroc de Mohammed VI sont aussi peu accueillantes que les bagnes de Hassan II. Témoignages accablants recueillis par l’association Attac-Maroc.

On connaissait la prison noire de Laayoune, au Sahara occidental, où s’entassent dans des conditions ignobles des sympathisants du mouvement séparatiste du Front Polisario. On connaissait aussi le centre de la DST de la ville de Temara qui, au lendemain des attentats de Casablanca du 16 mai 2003, a servi d’usine à torture contre des terroristes islamistes présumés souvent raflés au pif. Et maintenant, on connaît la prison d’Inezgane, dans la région du Souss, où sont embastillés des hommes et des femmes qui ont eu le tort de participer aux violentes manifestations de Sidi Ifni, en août dernier.

Cette ville côtière de 20 000 habitants du Sud du Maroc a connu les 7 et 8 juin 2008, puis les 18 et 19 août 2008 deux vagues de répression violente destinées à mater un mouvement social qui revendique une réelle politique de développement de la région ainsi qu’une extension et une amélioration des services publics.

Quatre de ces manifestants, dont deux militants de l’association Attac-Maroc, ont écrit une longue lettre où ils racontent leurs conditions de détention dignes du Moyen-Age. Ce courrier s’inscrit dans une campagne de communication d’Attac-Maroc, qui réclame « la libération des prisonniers d’Ifni ». Elle intervient au moment où le Makhzen marocain se gargarise de l’obtention d’un « statut avancé » avec l’Union Européenne. Une honte pour le royaume pas vraiment enchanté de Mohammed VI.

Bakchich reproduit dans son intégralité la lettre en date du 21 octobre 2008 des quatre détenus de la prison d’Inezgane qui ont eu le courage de témoigner.

De la prison d’Inezgane, nous vous adressons nos salutations militantes

Notre maintien en prison est la preuve flagrante de la démagogie qui se cache derrière le nouveau concept du pouvoir et le slogan de « l’ère nouvelle » [1]. Tout le bavardage et les applaudissements qui célèbrent la soi-disant amélioration des institutions pénitentiaires et de leur rôle éducatif et correctif ne sont que discours creux et mensonges, au regard de ce que vivent les détenus politiques et de droit commun dans la prison d’Inezgane.

En ce qui concerne les cellules, il y en a de deux sortes :

— Les cellules de l’ancien quartier appelé « caserne ». Au nombre de 7, elles ont une surface de 6mx8m avec à l’intérieur une latrine et une douche d’1m chacune et un bat-flanc près de la porte que nous utilisons comme cuisine où nous posons un réchaud électrique sur lequel les prisonniers préparent leur repas. Cela signifie qu’il ne reste pour les prisonniers — dont le nombre atteint 86 par cellule — que 40m. Les prisonniers sont donc obligés de rester recroquevillés toute la journée (20h/24) ce qui provoque des douleurs dans les articulations, surtout celles des genoux. La sortie dans la cour ne dure que 2 heures le matin, de 9h à 11h, et 2h l’après-midi, de 14h30 à 16h30.

— Les cellules du nouveau quartier, appelé « quartier », ont une surface de 7mx5m avec une latrine d’1m. 68 prisonniers y sont entassés.

— Il y a aussi une autre cellule qui n’a d’infirmerie que le nom, où 16 lits superposés sont alignés sur 24m… et où sont regroupés 28 prisonniers diabétiques, asthmatiques, tuberculeux, sous dialyse, atteints de rhumatisme ou du sida.

— Le quartier des mineurs, appelé « Pipi » comprend 6 cellules de moins de 35 m où sont entassés plus de 400 prisonniers de 5 à 17 ans !!

— Une cellule est réservée aux homosexuels, fermée par une porte en fer et disposant d’une petite fenêtre grillagée : elle ressemble à un cachot et se trouve effectivement près de 3 autres cachots qui sont des cellules sans ouvertures où l’on enferme les prisonniers que l’administration punit parce qu’ils n’ont pas obéi ou selon l’humeur du personnel administratif ou son désir de vengeance. C’est ce qui est arrivé au détenu politique Mohamed Hafid Iazza. Les pensionnaires de ces trois cachots et de la cellule pour homosexuels sont perpétuellement en bute à des insultes, des provocations, des moqueries et des humiliations de la part des gardiens et des autres détenus.

— Il y a aussi une autre cellule pour les fous et les malades mentaux qui se trouve elle aussi près des cachots. Ils sont au nombre de 40.

— Enfin, il y a le quartier des femmes qui seraient au nombre de 45, réparties en deux cellules plus une autre réservée aux femmes enceintes.

— Il y a 4 blocs de douches d’eau froide, disposant chacune de 6 pommeaux, ce qui est totalement insuffisant, ce qui pousse les détenus soit à prendre la douche froide dans les cellules soit à ne pas en prendre du tout. Il y a donc environ 1 400 prisonniers pour les 4 blocs de douches qui ne sont utilisables que pendant une heure de temps lors de la sortie à la cour. La majorité des prisonniers souffre de maladies de la peau, conséquence de la transpiration, du manque de douche, d’hygiène et des infections.

La prison d’Inezgane est connue pour être l’une des pires du Maroc. Il n’y a pas un seul médecin malgré la situation sanitaire déplorable des détenus. Ainsi, Hassan Talbi est parvenu à une situation critique du fait de la négligence de l’administration pénitentiaire. Un médecin, rattaché à la prison d’Aït Melloul vient une fois par semaine, bénévolement, le mercredi.

Cette situation remet en question les propos du ministre de la Santé, Yasmina Baddou, qui prétend que son ministère a déployé des efforts en faveur de la santé pénitentiaire alors qu’une prison de 1 400 détenus ne dispose même pas d’un médecin !

Face à la propagation des maladies et à l’absence de soins, l’hospitalisation est affaire de relations et de corruption. Il en est de même pour les visites, l’accès aux cuisines ou à l’économat. Il n’y a pas de bibliothèque ni de terrain de sport, ni d’activité de loisirs. La vie des prisonniers se limite à manger et à dormir et à la consommation de drogues qui sont vendues librement et en quantité sous les yeux des responsable, du fait de la présence d’un baron de la drogue qui monopolise ce commerce dans la prison. Comme ont dit, créer le besoin crée l’offre et la demande et le sureffectif des prisonniers constitue un marché propice à toutes sortes de commerces qui commencent avec le « chef de chambre » et finit par l’administration : les prix de la place dans une cellule varient selon le quartier et l’emplacement dans la cellule.

Le quotidien de la vie du prisonnier c’est la répression, l’injustice, les pires formes de discrimination. La loi qui règne à la prison d’Inezgane est la loi du plus fort et du plus violent.

C’est dans cet enfer de la prison d’Inezgane que sont placés les prisonniers politiques. D’autres rapports détaillés suivront qui concerneront les différents « services » de la prison pour dévoiler l’ampleur de la sauvagerie qui règne dans la prison et illustre ce qu’est « la nouvelle ère ». Cette sinistre réalité nous pousse à lutter davantage. Nos bourreaux oublient que le fait de nous éloigner de nos camarades et de nos familles ne fait que renforcer davantage notre amour pour notre terre et pour nos familles, davantage notre conviction de la justesse de notre cause et de la légitimité de nos idées et de nos principes.

Nos salutations à tous les camarades et militants dans le combat, malgré la répression et les souffrances. Nous vaincrons.

Signataires

BARA Brahim, numéro d’écrou 81101

AGHARBI Hassan, numéro d’écrou 81934

RIFI Zakaria, numéro d’écrou 82034

OUHADANI Mohamed numéro d’écrou 80932

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Maroc: Mohammed VI : le roi qui ne voulait plus être roi (épisode V)

1112008

Cette semaine, le caricaturiste Khalid se penche sur les longs et nombreux séjours que Mohammed VI effectue en France.

Bien que politiquement Mohammed VI penche pour les Etats-Unis, il se rend régulièrement en France pour y passer du bon temps. Comme cet hiver, ses séjours peuvent s’y éterniser au point que la presse marocaine finisse par se demander où est passée Sa Majesté. Lors de l’une de ses escales parisiennes et alors qu’il était monté sur le trône depuis peu, Mohammed VI s’est rendu à une soirée privée chez le chanteur Johnny Hallyday, à Marnes-la-Coquette, en région parisienne. Et oui, Sa Majesté est fan de notre Johnny national ! Lequel face à son convive royal n’a pu s’empêcher de glisser qu’il avait vraiment un problème avec les marques de déférence et ne pourrait pas donner du « Sa Majesté » et vouvoyer le roi. Ce à quoi Mohammed VI lui a répondu : « tu peux m’appeler Majesté et me tutoyer » ! Certains convives présents en rigolent encore.

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Maroc :Quand le Barça mène en prison…

26102008

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Yassin Belassal

en prison car fan du Barça…

 

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Le régime marocain et sa liberté d’expression toute relative ne sort pas grandi de cette terrible affaire. Depuis le 29 septembre, un lycéen de 18 ans connaît les affres de la prison et ce pour les 18 prochains mois. Son crime ? Avoir détourné la devise du pays maghrébin (Dieu, Patrie et Roi) pour la transformer en hommage au FC Barcelone (Dieu, Patrie et Barça) sur un tableau de salle de classe. Dénoncé par la direction du lycée, Yassin Belassal s’est vu inculpé d’outrage au Roi avant d’être incarcéré… Affligeant !

Apprécier le FC Barcelone peut causer de graves problèmes. Depuis le 29 septembre, Yassin Belassal est en prison. Ce lycéen marocain de 18 ans a eu le malheur d’étaler un peu trop son amour pour le club catalan, voyant l’enfer s’ouvrir sous ses pieds pour une simple blague.

Allah, Al Watan, Barça

Le jeune homme a transformé la devise nationale « Allah, Al Watan, Al Malik », à savoir « Dieu, Patrie et Roi », en « Allah, Al Watan, Barça » qui signifie, vous l’aurez compris, « Dieu, Patrie et Barça », inscrivant ce détournement à la craie sur un tableau de la salle de classe d’un lycée d’Aït Ourir, dans la région de Marrakech. Mais voilà, au Maroc, cela ne se fait pas et le message inoffensif de Yassin Belassal s’est transformé en cauchemar pour son auteur. Dénoncé par la direction de l’établissement, le fan du Barça a vu la gendarmerie débouler puis procéder à son arrestation le 20 septembre dernier, au motif d’outrage au Roi, Mohamed VI.

La spirale infernale est en marche pour Yassin Belassal. Le journal espagnol El Pais indique même que le jeune Maghrébin a eu droit à un semblant de procès, ne pouvant même pas faire appel à un avocat pour se défendre face à une justice loin d’être clémente. Preuve en est puisque le 29 septembre, le jeune homme a été condamné à 18 mois d’incarcération. Un an et demi d’emprisonnement que Yassin a déjà commencé à purger dans la prison de Boulmharez, trouvant place dans une cellule pleine à craquer, surpeuplée par les 80 personnes s’y trouvant déjà, à en croire la famille du Marocain, interrogé par le quotidien catalan El Periodico.

Liberté pour Yassin !

Dans un pays où la liberté d’expression est quelque peu mise à mal, où les rares parutions osant critiquer le pouvoir en place sont sujettes à censures et autres saisies, où les « dissidents » finissent dans les geôles royales pour avoir simplement émis critiques et doutes, la connivence entre la monarchie et les médias est très forte et rares sont les journaux à oser prendre position contre Mohamed VI et ses hommes. Récemment, le blogueur Mohamed Erraji avait été condamné à deux ans d’emprisonnement pour avoir critiqué la politique économique menée par le Roi et Fouad Mourtada avait écopé de trois ans de prison pour avoir créé un faux profil du Prince Moulay Rachid sur Facebook.

Dans ce contexte, Internet aura été le seul outil à relayer la triste information. Au-delà de l’Atlas et de Rabat, la nouvelle a suscité une vive émotion en Espagne et bien évidemment à Barcelone. De nombreux supporters blaugranas ont déjà monté des groupes de soutien, utilisant la visibilité qu’offre Facebook pour appeler à la libération de Yassin (« Salvem Iassín Belassal » soit Sauvons Yassin Belassal ou encore « SOLIDARITAT Yassin Belassal SEGUIDOR CULÉ » soit Solidarité avec Yassin Belassal, supporter du Barça). Le site lesdessousdusport.fr indique même qu’un blog de supporters barcelonais propose que Yassin Belassal soit fait membre honorifique du club catalan.

De son côté, le FC Barcelone et son président, Joan Laporta, n’ont pas encore réagi. Pourtant, le soutien de l’exécutif barcelonais ne serait pas de trop pour sortir Yassin Belassal de prison. Citoyens de France et de Navarre, mobilisons-nous pour libérer Yassin !

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La justice marocaine libère un conducteur qui tué un homme en conduisant en état d’ivresse car le père est wali et incarcère un jeune sans recours !

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Ces procès à la chaine pour outrage et manquement au respect dû  makhzen deviennent lassants.

L’appareil judiciaire marocain a besoin d’une remise à niveau. Un peu de formation continue ne leur fera pas de mal.

Il faut repenser tout le système du makhzen marocain.

Autrement dit, il faut repenser le pays tout entier.

Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme
Déclaration internationale des droits de l’homme, adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU à Paris, le 10 décembre 1948.

Le Maroc est signataire de cette déclaration. Mais, selon toute vraissemblance, il ne s’en rappelle pas ou bien il s’est assis dessus!

Rappel:L’existence même du makhzen est bâtit sur la négation de ce principe




MAROC • Ali Lmrabet : mes carnets de prison

9072008
Condamné à trois ans de prison pour « outrage au roi », le journaliste Ali Lmrabet cohabite avec les trafiquants de drogue et les victimes de la torture. Courrier international publie sa troisième chronique.
Fin août, quelques semaines avant que je ne sois à nouveau renvoyé à la prison de Salé, j’ai eu, au service pénitentiaire de l’hôpital Avicenne, une étonnante conversation avec Mustapha Alaoui – le doyen des journalistes marocains y était également détenu. Alaoui m’a raconté une histoire sidérante, mais néanmoins significative. Quand une délégation de la Fédération des éditeurs marocains de journaux a rendu visite au conseiller royal Mohamed Méziane Belfquih pour plaider mon cas et celui d’Alaoui, le fonctionnaire royal leur promit d’intercéder auprès du souverain à une seule condition : gommer mon nom de la requête, ce qui fut fait. Alaoui a été libéré et moi expédié en prison, merci confrères !
La première chose que je vois dès que je foule le sol de la prison, ce sont les « vibreurs », des détenus atteints par une sorte de tremblote violente et permanente qui les empêche de marcher, de se mouvoir et même de s’exprimer normalement. Pour se déplacer, ils doivent être soutenus par d’autres détenus. Quelqu’un m’explique que ce sont des toxico-dépendants, en manque.

« Tu te crois prisonnier politique, on va régler ça »
Normalement, c’est l’un des infirmiers de la prison qui leur fournit leur dose quotidienne de karkoubi (comprimés), mais, comme les mesures de sécurité ont été renforcées après l’arrivée massive d’islamistes, ce membre du « personnel soignant » préfère attendre que les choses se passent avant de reprendre son juteux commerce. Mais d’où sortent les fameux karkoubis ? C’est l’Etat marocain qui les fournit, et gratuitement. La combine est simple : l’infirmier est de mèche avec un médecin qui signe des ordonnances ; c’est l’administration pénitentiaire qui paie les « médicaments », et les deux compères demandent aux « malades » une contribution. Gardiens et détenus connaissent ce stratagème, mais personne ne parle parce que tout le monde y trouve son compte. Tout le monde ? Non, les vrais malades, ceux qui nécessitent des soins lourds, que l’administration pénitentiaire rechigne à payer, restent à l’écart de ce système.
Un très jeune détenu du nom de Wadie Laalaili, atteint d’un cancer ORL qui le fait horriblement souffrir, passe son temps à hurler. Quand je suis intervenu en sa faveur, j’ai été pris à partie par Hamid, l’infirmier de service, et par Abdelkrim, un gardien connu pour sa brutalité. Un soir, j’ai même reçu la visite de ces deux fonctionnaires, qui m’ont lâché : « Tu te crois prisonnier politique, on va régler ça. On va attendre que tu ailles à la salle des visites, puis on fourgue un kilo de haschisch dans ta cellule, et le tour est joué. » Ils en sont capables.

L’adjudant-chef A. S. est passé à la gégène
Le 1er septembre 2003, la direction de la prison a confisqué 2,5 kg de haschisch dans une cellule. Il n’est pas rare, quand on se balade dans une aile de cette taule, de humer les effluves du shit. Un prisonnier m’a même expliqué qu’avec l’arrivée des barbus les « affaires » étaient devenues difficiles. La barrette de 100 grammes de notre haschisch national vaut aujourd’hui 1 000 dirhams [100 euros] alors qu’il y a quelques mois elle ne valait que 200 dirhams.
L’hebdomadaire Al Ousbou a publié récemment une incroyable information : un trafiquant de drogue incarcéré à Salé aurait offert à la prison des dizaines de tables et de chaises. Il n’en faut pas plus pour faire croire à certains esprits chagrins que l’argent de la drogue finance une prison marocaine.
Autre histoire de drogue, mais d’un autre calibre. Un matin, à la fin de l’été, la prison s’est remplie de juges, de procureurs, de policiers et de militaires. Ces serviteurs de l’Etat n’étaient pas là en visite guidée ou d’inspection. Ils étaient tous en état d’arrestation. Après la détention de deux « capos » de la drogue hispano-marocains, Mounir el-Ramach et « El Nene », qui auraient donné des noms lors d’interrogatoires brutaux menés par la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ), les autorités marocaines ont mené une véritable rafle dans leurs propres rangs à Tétouan, dans le nord du pays. Parmi ceux qui ont été arrêtés, il y a sûrement des coupables, mais aussi des innocents.
Une première dans l’histoire du Maroc, la rafle a touché des présidents de chambre criminelle, des procureurs, des préfets de police, un agent de la Direction de la surveillance du territoire (DST), plusieurs civils, une bonne pelle de policiers et de militaires.

Il y a plusieurs groupes dans cette fournée. Le premier, composé de magistrats et de flics, n’a pas été « molesté ». Le deuxième groupe, celui des civils, non plus. L’un de ces derniers, un commerçant de meubles qui se targue d’amitiés très haut placées, serait prêt, dit-on, à donner des noms qu’aucun juge d’instruction n’aurait le courage d’enregistrer. Le troisième groupe, celui des militaires et des gendarmes, a visiblement souffert le martyre, c’est-à-dire qu’il a été torturé. Transporté par hélicoptère de Tétouan, et conduit les yeux bandés dans un lieu secret près du zoo de Témara, dans la banlieue de Rabat, l’adjudant-chef A. S. est passé à la gégène, une gégène marocaine et moderne. Le 30 septembre, alors que je me trouvais à l’infirmerie, je l’ai entendu se plaindre de ses reins. Il racontait qu’il avait subi un calvaire. Dans le lieu « secret », il avait eu droit à la méthode du « chaud et froid » : le malheureux est attaché à un ventilateur d’air chaud, collé contre sa poitrine ; puis à un certain moment, on amène un ventilateur d’air froid, cette fois-ci contre son dos. Ce mélange de température rend la victime folle de douleur.
Et dire que le Maroc se prépare à présenter à la mi-novembre, devant la Commission des droits de l’homme de l’ONU, un rapport attestant de l’inexistence de la torture dans le royaume ! Pourtant, il suffit de visiter la prison de Salé, où je suis logé de force aux frais de l’Etat, pour se rendre compte que certaines fâcheuses habitudes n’ont pas disparu.
Au milieu du bâtiment central, il y a un endroit, une sorte de petit hall grillagé et battu par les vents, que les détenus appellent avec effroi le « jardin ». Bel euphémisme pour désigner un lieu qui n’a ni eau ni toilettes, et où sont enchaînés pendant des jours, pieds et poings liés par des menottes, les prisonniers récalcitrants – le Moyen Age. Un jour, j’ai montré ce lieu infâme à mon avocat, le bâtonnier Jamaï, également président de l’Observatoire des prisons. « Ils n’ont pas le droit ! » s’est-il écrié.

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Maroc:Le vrai visage de la police marocaine

2062008

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 Passage à tabac d’une femme avec son bèbè par un flic .

De tels incidents se produisent régulièrement au Royaume Enchanté.

 Le Maroc s’enfonce un peu plus chaque jour dans la crise. Economique d’abord, sociale ensuite,répressive  pour courroner le tout.

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Maroc:Propagande antiterroriste/Les attentats de Casablanca

17052008

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La vague d’attentats kamikazes qui a endeuillé le Maroc, le 16 mai 2003, a été présentée comme une opération conçue par Abou Moussab Zarquaoui pour les réseaux Al-Qaïda. Le royaume chérifien aurait rapidement arrêté les complices, les aurait jugés et condamnés, sauvant ainsi son processus démocratique. Une thèse taillée en pièces par le professeur Omar Mounir qui relève, dans un récent ouvrage, les incohérences de la version officielle. Selon notre enquête, les attentats pourraient être liés à la question saharaouie et auraient été utilisés par le gouvernement pour museler un parti islamiste que tous donnaient gagnant aux élections municipales imminentes.

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Le 16 mai 2003, le Maroc est secoué par une vague d’attentats sans précédent. Par une série de cinq attaques quasi-simultanées dans la ville de Casablanca, le royaume est soudainement touché par le « terrorisme international ». L’opération fait une quarantaine de morts et une centaine de blessés. Immédiatement, le pouvoir adopte une législation antiterroriste jusque-là soumise à une forte opposition, et incarcère un grand nombre d’opposants politiques issus des mouvements islamistes. Ces mesures légitimes et appropriées sont d’une efficacité redoutable, le Maroc éradique rapidement le terrorisme et retrouve sa stabilité antérieure.

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Omar Mounir

C’est en tout cas la version officielle de cet événement qui a aujourd’hui disparu de la mémoire collective. Cependant, Omar Mounir, ancien professeur de la Faculté de droit de Casablanca, vient de publier un livre, Les Attentats de Casablanca et le complot du 11 septembre, dans lequel il expose les contradictions de la thèse des autorités marocaines. Replaçant cette vague d’attentats dans le contexte général de « guerre au terrorisme » et du conflit irakien, il propose une interprétation tout à fait différente de ces événements.

Des versions contradictoires

Dès les premières heures, les versions données aux médias sont très confuses, à la fois sur les cibles visées et sur le mode opératoire des terroristes. Pour le journal Le Monde, « trois voitures piégées ont explosé respectivement près du consulat de Belgique, de l’hôtel Farah-Maghreb (ex-Safir) et du Cercle de l’alliance israélite, et une ou deux bombes ont explosé à la Casa Espana (Maison d’Espagne), le centre culturel hispanique, pourvu d’un restaurant très fréquenté ». Dans son chapeau, le « quotidien de référence », se contredisant lui-même, explique que les attentats sont « pour la plupart des attaques-suicides de kamikazes ». Des kamikazes suffisamment amateurs pour rester à bord des voitures en stationnement qu’ils ont eux-mêmes piégées ? Dans le même article, le journaliste affirme qu’« une bombe aurait été apportée à l’entrée de l’immeuble [de l’hôtel Farah-Maghreb] par un kamikaze à pied, selon un témoin ». Le ministre marocain de l’Intérieur, Moustapha Sahel, explique que « ces attentats portent la signature du terrorisme international ». Selon lui, « le but visé par les terroristes était de porter atteinte au processus démocratique au Maroc et à son « pluralisme » politique ». Objectif atteint : dans les jours qui suivent, la police marocaine arrête de nombreux opposants issus des mouvements islamistes, alors même que le président du Parti de la justice et du développement, la branche politique de cette tendance, a qualifié ces attentats de « crime terroriste sauvage » [1].

Les enquêteurs ne s’attardent pas beaucoup sur les motivations éventuelles des terroristes. Ils se contentent d’une cassette sonore distribuée en février 2003 et attribuée à Oussama Ben Laden dans laquelle celui-ci affirmait que « les musulmans doivent se mobiliser pour se libérer du joug de ces régimes apostats, asservis par l’Amérique. (…) Parmi les pays qui devraient être libérés figurent la Jordanie, le Maroc, le Nigéria, le Pakistan, le pays des deux saintes mosquées et le Yémen » [2].

Selon la police, « une dizaine de kamikazes ont trouvé la mort et trois suspects, tous de nationalité marocaine, ont été arrêtés ». Parmi eux, figurerait un kamikaze blessé. Dans les jours qui suivent, la police identifie huit membres des cinq commandos et procède à une trentaine d’arrestations. L’enquête vise un groupe islamiste, Assirat Al-Moustaquim (Le Droit Chemin), une bande d’un quartier populaire de Casablanca qui prône une application rigoriste de la loi coranique. Dans la foulée, le président états-unien, George W. Bush, offre son aide pour « arrêter et traduire en justice les responsables » des attentats. Une proposition qui suscite immédiatement une forte opposition populaire, Bush étant même qualifié de « pompier-incendiaire ». Puis, après avoir interpellé deux autres kamikazes survivants, la police marocaine arrête « le coordinateur principal » des attentats, mais celui-ci décède avant d’avoir été présenté à la justice, de « mort naturelle ». Il n’empêche, d’après les enquêteurs, les personnes déjà arrêtées ont permis d’identifier huit des quatorze kamikazes, et de connaître l’intégralité du fonctionnement du réseau.

Dans les jours qui suivent, c’est un suspect français qui est interpellé à Tanger. Ce dernier, Robert Richard Antoine Pierre, réside au Maroc depuis six ans et est rapidement soupçonné d’être un maillon essentiel du dispositif.

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Robert Richard Antoine Pierre

Simulacre de procès

Les suites judiciaires de l’affaire sont une véritable parodie de justice. Fin juin, une trentaine de Marocains arrêtés avant les attentats et soupçonnés d’appartenir à l’organisation clandestine « Salafia Jihadia » sont jugés… pour leur rôle dans l’opération de Casablanca ! Le procureur requiert contre eux la « peine maximale », donc la peine de mort pour une dizaine d’entre eux. Tous ont pourtant nié les faits à l’exception de Youssef Fikri, baptisé « l’émir du sang » par la presse. Le tribunal suivra malgré tout ces réquisitions [3].

Quelques jours plus tard, alors que le ministre de la Justice Mohammed Bouzoubaa affirme que 700 personnes sont sous le coup de procédures judiciaires en raison de leur implication « directe ou indirecte » dans cette tragédie, le premier procès directement lié aux « attentats-suicides » s’ouvre à Casablanca. Les 52 suspects (qui seront bientôt 87) sont des membres de la Salafia Jihadia. Parmi eux, les trois kamikazes présumés rescapés. Ceux-ci sont d’ailleurs les seuls à être poursuivis pour leur rôle dans les attentats du 16 mai, les autres étant pour leur part soupçonnés d’avoir fomenté des projets similaires à Marrakech, Agadir et Essaouira. Ils sont jugés sur la base de la nouvelle loi antiterroriste, votée juste après l’attaque, en juin 2003 et appliquée rétroactivement [4]. Seul élément matériel retenu contre eux par l’accusation : « plusieurs cassettes faisant, selon elle, l’apologie du jihad en Tchétchénie, en Palestine et en Afghanistan et que les inculpés auraient visionné en groupe avant le drame du 16 mai » [5]. Au finale, quatre d’entre eux sont condamnés à mort et trente-neuf à la prison à perpétuité [6]. Un Français, Pierric Picard, arrêté et jugé dans le cadre de cette affaire, est acquitté.

Un troisième procès s’ouvre fin août. Il permet à la justice marocaine de s’intéresser au cas de Pierre Robert (également appelé Richard Robert et Didier Robert), un « islamiste français » arrêté à Tanger le 3 juin 2005 et accusé par le parquet de Rabat d’être « le principal responsable de cellules terroristes constituées à Tanger, Fès (centre), Casablanca, et dans le nord du pays » [7]. Également visée, la Salafia Jihadia, dont le Français aurait été l’ « émir ». Pierre Robert, qui comparait aux côtés de trente-trois islamistes salafistes marocains, affirme le 9 septembre 2003 qu’il a travaillé pour la DST française, pour le compte de laquelle il aurait infiltré la mouvance islamiste algérienne. Il aurait été impliqué dans « le démantèlement d’un réseau de seize Algériens, Tunisiens et Marocains opéré conjointement dans cinq pays européens, dont la Belgique et la France, qui menaçaient, à travers des attentats à la bombe, la Coupe du monde 1998 ainsi que la cathédrale de Strasbourg » [8]. Le Quotidien d’Oran rappelle d’ailleurs que « la DST est concernée dans l’enquête de Casablanca, du fait que trois ressortissants français ont péri dans les attentats. Le lendemain des faits, quatorze agents de la DST sont arrivés au Maroc, dont les spécialistes de l’identification judicaire, des spécialistes en explosifs et des experts du laboratoire central, pour épauler leurs homologues marocains ». Bien que le ministère français ait immédiatement démenti ces informations, les déclarations de Robert font sensation. Cela n’empêche cependant pas la justice marocaine de le condamner lourdement, malgré l’absence de tout élément matériel dans le dossier d’accusation. Le 29 septembre, il écope de la prison à perpétuité, tout comme deux autres prévenus. Les autres sont condamnés à des peines allant de trois mois à trente ans d’emprisonnement, tandis que deux seulement sont relaxés [9].

Ainsi se termine cette ténébreuse affaire. Avec cette dernière vague de condamnations, les autorités marocaines referment le dossier des attentats les plus meurtriers qu’a connus le Maroc, quatre mois seulement après qu’ils ont été commis. On ne sait pourtant rien, ni des motivations des auteurs, ni de l’idéologie de leur réseau, ni des cibles désignées, ni du mode opératoire. Tant sur le plan politique que matériel, ces attentats restent un mystère. Un mystère qu’Omar Mounir a choisi d’éclaircir.

Le choix des cibles

La première attaque a été commise dans le quartier de Sahat Al-Arsa, dans la vieille médina de Casablanca. Contrairement à ce qui deviendra plus tard la version officielle, l’attentat n’est pas réalisé par un commando de trois kamikazes, mais par un seul. Les trois autres victimes seraient simplement des passants, d’après les témoignages recueillis par l’hebdomadaire TelQuel. Les médias vont rapidement éclipser ce détail pour chercher à expliquer quelle était la cible du ou des terroristes. Selon eux, c’est le cimetière juif voisin qui était visé. Pourtant, comme le note Omar Mounir, « le dernier enterrement remonte quand même à 1950 » et l’explosion a eu lieu à plusieurs rues de son emplacement. Et l’auteur de s’étonner : « Venir avec, apparemment, l’intention de faire sauter un cimetière ou l’on ne sait quoi et ne même pas savoir où il se trouve ! ».
Concernant l’attaque du Centre de l’alliance juive, elle est réalisée, selon des témoignages également recueillis par TelQuel, par deux terroristes munis de bombes. La veille, les terroristes y auraient perturbé un banquet de 150 personnes. Ils ont préféré l’attaquer alors qu’il était désert, un vendredi soir de shabbat. La troisième cible visée est le restaurant « Le Positano », qui se trouve en face de l’ambassade de Belgique. Il est fréquenté par une bonne partie de la communauté juive de Casablanca, et se situe dans le quartier de la ville qui compte le plus de synagogues. Il est également situé non loin de l’ambassade états-unienne. Mais là encore, les incohérences sont multiples : les terroristes se sont faits sauter, ou tout au moins les explosions ont eu lieu, à l’extérieur du restaurant et non à l’intérieur. Les victimes sont des passants, notamment un Français qui descendait de son véhicule. Aucun Juif ne pouvait être visé, puisque là encore, l’attentat a été perpétré le soir du shabbat.
Voilà pour les trois attentats « ratés », où les victimes sont principalement les auteurs eux-mêmes. Seuls quelques passants subissent, parfois de manière fatale, les conséquences de la « maladresse » des terroristes. L’attentat qui vise les intérêts espagnols au Maroc est bien plus meurtrier. Vers 22h30, trois terroristes pénètrent dans la Casa de España, qui comprend un restaurant et un club social espagnol subventionné par Madrid. L’attaque fait vingt-deux morts, dont un Italien, deux Espagnols et dix-neuf Marocains.
Enfin, le dernier attentat vise l’hôtel Farah. L’attaque fait trois morts : un kamikaze, un vigile et le concierge.

Quelle est la logique de ces attentats ? D’après l’AFP, « les attaques (…) ont visé des cibles juives et des établissement fréquentés par des étrangers ». Pourtant, « la majorité [des victimes] sont des Marocains » [10]. En ce qui concerne les « cibles juives », il semble que les attaques n’aient pas été réalisées dans le but de tuer, puisque les lieux choisis ne pouvaient pas être fréquentés par des Juifs ce soir-là. D’où l’hypothèse d’Omar Mounir : les terroristes « voulaient avertir les Juifs et non pas les tuer, peut-être…. Les contraindre à quitter le Maroc pour Israël comme Sharon le leur demandera au lendemain des explosions ».

Une seule cible peut être clairement identifiée : l’Espagne. Comme le note Omar Mounir, « le Casa de Espana se trouvait dans le même bâtiment que la Chambre de commerce espagnole, non loin de la mission catholique ibérique de Saint François d’Assise, derrière le restaurant. L’État et l’Église espagnols étaient donc représentés ici ». À quelques jours d’élections municipales cruciales pour le gouvernement Aznar, allié inconditionnel de Washington, celui-ci se retrouve ainsi confronté à un flot de critiques de José Luis Rodrigues Zapatero, qui l’accuse « d’avoir placé l’Espagne sur la liste des objectifs du terrorisme international » [11].

Liens avec Al-Qaïda

Au cours de leur enquête, les autorités marocaines vont désigner plusieurs groupes islamistes comme les responsables de l’organisation de ces attaques : Assirat Al-Moustaquim, puis la Salafia Jihadia. Deux organisations peu connues des spécialistes mondiaux du terrorisme. La presse évoque des connexions internationales multiples : le journal Al-Ittihad Al-Ichtikari affirme que « au moins deux kamikazes résidaient en Égypte et aux Émirats et seraient arrivés au Maroc par avion en provenance de Londres et de Bruxelles ». Le 5 juin, on apprend dans le Washington Post que les attentats étaient préparés depuis plusieurs mois et que l’ordre d’exécution a été donné par Abou Moussab Zarquaoui lui-même. Deux semaines plus tard, Al-Qaïda revendique les attentats « par l’enregistrement vidéo d’un homme masqué qui a promis de nouvelles opérations suicides ». Le même jour, le 23 juin, le journal As Sabah publie des informations selon lesquelles les attaques auraient été financées par « un groupe de Marocains résidant en Grande-Bretagne, dans des pays scandinaves, en Suède et au Danemark ». Ce qui permet de rattacher l’opération aux réseaux du terrorisme international, et notamment la nébuleuse Al-Qaïda d’Oussama Ben Laden. L’identité des kamikazes et leur origine sociale, abondamment diffusées dans la presse, vont pourtant totalement à l’encontre de cette théorie du complot. Venus des bidonvilles les plus défavorisés de Casablanca, les terroristes présumés étaient marchand ambulant, soudeur, poissonnier, ou encore gardien de parking. Un profil qui ne cadre pas avec la thèse des « agents infiltrés » soutenus de l’étranger… L’inexpérience des personnes choisies exclue également qu’elles aient pu mener ces attaques avec un timing aussi minutieux puisque les explosions se sont succédées, comme à Madrid, dans une plage horaire inférieure à 15 minutes.

À partir de ces éléments, l’auteur élabore deux hypothèses : pour lui, les « kamikazes » ont agi sous l’emprise de psychotropes, et leurs bombes étaient actionnées à distance. Une hypothèse qui a le mérite d’expliquer pourquoi les bombes déposées à l’hôtel Farah-Maghreb et au Cercle de l’alliance israélite ont explosé avant que les terroristes ne soient ressortis du bâtiment. Cela expliquerait aussi pourquoi les informations sur les explosifs et leur dispositif de mise-à-feu sont aussi contradictoires. En définitive, on ne sait toujours pas aujourd’hui quel type d’explosif a été utilisé, qui a assemblé les engins et comment ils étaient censés être déclenchés, plusieurs journaux évoquant des minuteries de mise à feu fixées à 5 minutes. Un mécanisme qui exclurait que l’on parle de « kamikazes », et n’explique pas pourquoi la plupart des bombes ont explosé à l’extérieur des cibles qu’elles étaient sensées détruire.

L’intérêt des islamistes à réaliser ces attentats reste par ailleurs l’objet de toutes les interrogations. L’opération a en effet eu lieu à quatre mois d’élections municipales pour lesquelles « observateurs et politologues s’accordaient à dire [qu’elles] allaient être un raz-de-marée islamiste ». La vague d’arrestations qui suit les attentats de Casablanca vise avant tout les figures les plus connues et les plus populaires de l’islamisme marocain, notamment Abdelbari Zemzmi, Mohamed Fizazik et de nombreux cadres du Parti de la justice et du développement (PJD), troisième formation politique au Parlement. Sous la pression, le mouvement ne présentera des candidats que dans 16 % des circonscriptions aux élections municipales. De ce point de vue, la vague de répression qui suit les attentats doit être comparée à celle qui suivit la victoire des islamistes algériens aux municipales de 1990, à la différence près qu’au Maroc les attentats ont permis d’agir avant le scrutin.

Parallèlement, l’invention du délit d’« apologie de crime de terrorisme », qui permet de réprimer tout discours de contestation politique dont la virulence rappellerait celle d’organisations terroristes, permet aux autorités marocaines de déférer devant la justice plusieurs journalistes et directeurs de journaux. À l’unisson des « démocraties » occidentales après le 11 septembre, le Maroc a également adopté une législation antiterroriste ultra-sécuritaire peu de temps après les attentats.

Tous ces éléments ne permettent pas de mettre à jour les motivations des auteurs des attentats. Tout au plus réduisent-ils à néant la version officielle en démontrant une opposition complète entre l’amateurisme supposé des « kamikazes » fanatiques et la préparation méthodique que présuppose une telle vague d’attaques simultanées. En renforçant l’assimilation des mouvements islamistes à la nébuleuse terroriste internationale érigée en nouvel ennemi par Washington, les attentats de Casablanca légitiment la guerre au terrorisme menée par les États-Unis depuis le 11 septembre 2001. L’absence de cohérence réelle dans le choix des cibles laisse pourtant supposer que l’objectif visé est encore largement inconnu du grand public. Tout comme les attentats de Madrid, qui surviendront neuf mois plus tard, les attentats de Casablanca doivent s’inscrire dans un agenda – ou au moins un contexte – dont la logique reste à déceler. Il est fort possible que la question du Sahara ex-espagnol, vieux sujet de discorde entre le Maroc et l’Algérie, y soit liée. Le 16 mai 2003, jour des attentats, le ministre des Affaires étrangères marocain, Mohammed Benaïssan, rencontrait Dick Cheney, Condoleezza Rice, Paul Wofowitz, Richard Armitage et le sous-Secrétaire d’État aux affaires du Proche-Orient, William Burns. Depuis près de trente ans, le Maroc occupe les deux tiers du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole. Depuis, il est confronté à une résistance armée du Front Polisario, qui prône l’autodétermination. Mais Rabat ne semble pas décidé à abandonner cette portion de territoire, riche en fer et en phosphate – voire en pétrole – et ce, malgré de nombreuses propositions de l’Organisation de l’unité africaine et de l’ONU.

Cette question est devenue une préoccupation première de Washington depuis 2002 et l’adoption de l’ « Initiative Pan Sahel », lancée fin 2002 avec le Tchad, le Niger, la Mauritanie et le Mali pour « assurer conjointement la protection des frontières, le suivi des mouvements de personnes, la lutte contre le terrorisme et la coopération régionale ». Le tout avec un budget de 7 millions de dollars, avec une possibilité de réévaluation à hauteur de 125 millions dans les cinq ans à venir. Sous couvert de lutte contre Al-Qaïda et de son allié supposé, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat algérien, l’administration états-unienne a déjà considérablement accru son emprise militaire sur la région. Le Maroc aurait-il été sanctionné pour son intransigeance dans le dossier, qui bloque depuis des années le bon fonctionnement de l’Union du Maghreb arabe en polluant les relations entre Rabat et Alger ? Il est indiscutable en tout cas que les attentats de Casablanca sont arrivés au pire moment pour le pouvoir marocain, en pleine négociation diplomatique du nouveau plan Baker sur cette question. Ce plan prévoit notamment l’organisation d’un référendum au Sahara occidental d’ici à 2010, auquel tous les habitants de la région depuis fin 1999, qu’ils soient Marocains ou Saharaouis, seront autorisés à voter. Une proposition à laquelle le Maroc s’est opposé tandis que le Front Polisario y apportait son soutien, avec l’appui du Conseil de sécurité de l’ONU, fin juillet 2003.

Source : 1210698200_Lire_la_suite    Ici




Maroc: trois journalistes frappés

13042008

Trois journalistes marocains ont été frappés par la police lors de la dispersion hier à Rabat d’une manifestation interdite par les autorités, a indiqué dimanche le Syndicat national de la presse marocaine, (SNPM) dans un communiqué.

« Trois journalistes, dont Mustapha Bekkali du bureau de la BBC à Rabat, ont été agressés par la police alors qu’ils couvraient une manifestation contre la hausse des prix devant le parlement », a indiqué le SNPM.

« Face à la répétition des actes brutaux contre les journalistes, le syndicat a décidé d’organiser une campagne visant la protection des journalistes », a ajouté le communiqué.

Quelque cent personnes ont dénoncé samedi à Rabat la hausse des coûts des produits alimentaires au cours d’une manifestation interdite par les autorités.

Source : AFP




Maroc:La continuité sans changement !

22092007

Depuis plusieurs mois, l’organisation des élections législatives au Maroc, prévues le 7 septembre 2007, a fait l’objet de plusieurs articles dans les journaux nationaux et internationaux, plusieurs échanges et débats. Des « observateurs », nationaux et internationaux, prédisaient une occasion « unique » au Maroc qui va contribuer à changer le cours de la chose politique au Maroc, un « processus démocratique », une « participation record » signe de « l’adhésion des Marocains aux politiques suivies ».

La monarchie voulait saisir cette occasion pour redorer son image auprès de l’opinion internationale afin de montrer qu’au Maroc, en 2007, « l’opération des élections » se passe « comme » dans les vraies démocraties. Cette opération médiatico-politique a été orchestrée par des spécialistes de la communication et de « calculs électoraux ». Trente-trois partis, anciens et nouveaux, sont entrés dans la scène pour se départager le « gâteau parlementaire » : la course aux places a été lancée (des anciens parlementaire se battent pour garder leurs privilèges, des nouveaux s’acharnent pour trouver une place au chaud au Parlement).

Les Marocains, en ville comme dans les campagnes, ont bien compris ce jeu, qu’on appelle, à juste titre, le « jeu électoral » ou « l’opération électorale ». Le peuple marocain a compris, depuis longtemps, qu’il est « hors jeu » dans cette opération.

Il a compris une chose : ce sont les mêmes qui se partagent toujours le « gâteau »,

le Parlement est une chambre d’enregistrement et un moyen d’enrichissement individuel, le roi est le seul aux commandes, il règne et gouverne.

Tout « observateur », qui se donne tout de même un temps d’observation, doit se rendre compte que la situation de la majorité des Marocains est catastrophique : la pauvreté s’accentue, le chômage ne cesse d’augmenter, la vie devient de plus en plus chère, la majorité des jeunes cherche à quitter le pays (harragas), les bidonvilles continuent d’abriter des milliers de Marocains, la formation et l’éducation sont en situation de décadence et se privatisent de plus en plus, l’analphabétisme dépasse toujours 50 % de la population, la santé est privatisée et devient un privilège, les paysans souffrent des effets néfastes de la sécheresse, la corruption bat son plein, le retour à un État policier au nom de la sécurisation, les droits de l’homme bafoués, la presse cadenassée, etc. La liste est longue. Face à ça, une minorité ne cesse de s’enrichir et même de trop s’enrichir.

De grands projets sont en cours avec la bénédiction d’investisseurs étrangers (européens, américains et du Golfe).

« Deux Maroc » s’observent que nos « observateurs » feignent d’ignorer.

Je ne veux pas dresser, à tout prix, un tableau noir mais la réalité est amère et elle est là. Je ne veux pas, à tout prix, dresser un bilan pessimiste mais ça serait hypocrite de ma part que de faire de la langue de bois, qui est monnaie courante durant cette période préélectorale.

L’autre Maroc a eu une occasion, ce vendredi 7 septembre 2007, d’exprimer son ras-le-bol et son dégoût du « jeu électoral » au Maroc. Malgré toutes les formes d’incitation à participer à « l’opération électorale » : appel du roi Mohammed VI, flashs publicitaires audio et vidéo, visuels, tracts, panneaux, réunions, fanfares. Bref, tous les moyens ont été utilisés pour faire passer la « pilule électorale ».

Les Marocains ont boudé les urnes.

Les Marocains ont désapprouvé le système politique marocain qui leur est proposé depuis l’indépendance. Les Marocains ont montré que « l’opération électorale » ne les intéresse pas en premier lieu car ce sont les mêmes qui font cette opération, et ce depuis longtemps. À 63 %, ils ont exprimé à leur manière le rejet de cette opération. C’est une abstention qui exprime, sans équivoque, un point de vue d’une majorité silencieuse. C’est un silence qui parle et il est grand temps de l’écouter. Il est incontestable que cet événement constitue la leçon principale qu’il faut tirer de cette opération.

Que les « observateurs nationaux et internationaux » ont donné de bons points à cette opération, cela ne change en rien à la réalité de la situation au Maroc.

Que ces observateurs aillent constater les conséquences néfastes de toutes ces politiques d’appauvrissement poursuivies par cette classe politique qui a accepté d’être sous la tutelle du « makhzen » (makhzen : vient du mot « magasin » et résume le système politique marocain qui pille par la répression). Cette même classe politique a contribué ces dernières années à redorer l’image de la monarchie dont le « système makhzénien » reste fonctionnel dans sa globalité et même avec la venue du roi Mohammed VI après la mort de Hassan II. Il faut y ajouter une nouvelle classe qui accepté d’accompagner le makhzen pour le changer de l’intérieuret qui a fini par se « makhzaniser », ce qui constitue le « nouveau makhzen-zen ».

La présentation des résultats de cette « opération électorale » ressemble aux résultats donnés par le maître à ses élèves qui note de 0 à 20 % : il y a les « bons » et il y a « les mauvais » élèves, comme il y a ceux qu’on punit et ceux qu’on gratifie.

Mais ce sont les mêmes qui reviennent, on recommence et on joue les mêmes cartes : blanc bonnet-bonnet blanc (ou bien haj moussa-moussa haj).

Que nos « observateurs » soient satisfaits, que ceux ou celles qui ont gagné une place au Parlement fassent la fête, que les « analystes » constatent un léger recul des « islamistes » ou une avancée des « conservateurs », etc., le rejet du système politique marocain est le vrai résultat de cette opération.

Cette situation est la conséquence directe du manque d’un projet de société clair et explicite. Un projet politique qui a l’audace de poser les véritables problèmes de notre système politique. Il ne peut y avoir de changement politique sans un changement radical de la Constitution marocaine.

La démocratie ne peut être une notion adaptable dans le temps et dans l’espace. La démocratie c’est le pouvoir du peuple. C’est loin d’être le cas au Maroc aujourd’hui. Tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du roi. Le Parlement est une boîte d’enregistrement et le gouvernement est chargé de l’exécution des directives royales.

J’appelle tous les démocrates et progressistes au Maroc et ailleurs à redoubler d’efforts pour que la situation de l’autre Maroc constitue la priorité des priorités. J’appelle les observateurs nationaux et internationaux à changer leur optique pour enfin constater la réalité amère dans laquelle vit la majorité des Marocains. J’appelle les Marocains qui refusent de vendre leur âme au makhzen de ne pas baisser les bras pour faire entendre les voix des sans-voix. J’appelle les Marocains résidant à l’étranger (MRE), qui sont soucieux de l’avenir du Maroc, à prendre part activement à la reconstruction du pays sur la base d’un projet de société tourné vers l’avenir et mettant au centre l’intérêt général du peuple marocain qui doit jouir pleinement de sa citoyenneté.

A. I

 




Maroc:Le Makhzen une organisation de domination

12092007

Le Makhzen est en réalité une véritable « pyramide de servitudes et de dépendances où
chacun se croyant le maître de l’autre est <> l’esclave d’un autre », un système où « l’assimilation au chef, la transparence au prince sont les moyens grâce auxquels chacun prend sur soi de s’ériger en maître de son voisin.
Les Marocains partagés entre volonté d’en découdre et tentation d’accepter fatalement leur « sort ».
Face à la monstrueuse pieuvre qu’est l’appareil du Makhzen qui enserre, depuis des siècles, le makhzen dans ses tentacules, épie, emprisonne, torture, neutralise, corrompt et écrase qui il veut et quand il veut, dans l’anonymat des « trous » personnels des centres de détention secrets, la clandestinité des mouroirs collectifs ou, sur la voie
publique, au grand jour et devant tout le monde, les Marocains (-nes) donnent, par moments, l’impression de ne plus savoir ce qu’ils doivent ou peuvent réellement faire pour retrouver leur condition d’humains. Il est vrai qu’après les cuisants échecs enregistrés et les déboires encaissés au cours des dernières décennies par leurs
forces vives, les massacres et les tueries qui s’en sont suivis, de nombreux Marocains (-nes) ne cachent plus leur hésitation (toute humaine) entre la volonté réelle et sincère de continuer par tous les moyens d’essayer d’en découdre avec le makhzen et l’irrésistible tentation de ravaler leur fierté et d’accepter fatalement leur Maktoub(sort).

Ce dilemme cornélien est vécu tragiquement, on s’en doute, par des millions de Marocains (-nes) condamnés à endurer au quotidien, à côté des affres physiques, morales et psychologiques d’une servitude innommable, des injustices sociales, économiques et politiques criantes et intolérables.
Et pourtant, si les Marocains (-nes) peinent (toujours) à trouver les moyens de se délivrer de la servitude moyenâgeuse qui les terrasse et les déshumanise à titre individuel et collectif, s’ils n’ont pas (encore) réussi à éliminer la monarchie ou à en abattre les symboles, il faut reconnaître, nous devons, par honnêteté, y insister, que
ce n’est pas faute d’avoir essayé et encore moins par manque de courage, de détermination ou d’irrésistible envie d’y arriver. Les incessantes luttes sociales livrées, tout au long des dernières décennies, par les citoyens (-nes) marocains dans les différentes villes, villages et douars du Royaume, montrent, s’il en est besoin, que le peuple marocain a tout, ou presque tout, tenté pour se débarrasser de la monarchie et de ses symboles honnis et détestés.
Pour reconquérir leur liberté et retrouver leur dignité de citoyens, le peuple marocain et ses forces vives n’ont reculé devant aucun pari ou défi aussi insensé soit-il, n’ont négligé aucune possibilité ou moyen susceptible de leur permettre d’abattre la monarchie et de s’extraire de l’emprise de son Makhzen : les coups d’État, les soulèvements populaires tantôt spontanés, tantôt organisés, les émeutes, les grèves, les sit-in, etc… Mais rien n’y
fait. Après chaque épreuve, le roi s’est senti plus fort et l’appareil du Makhzen plus puissant et plus redoutable qu’il ne l’était.
Ce qui ne peut que nous amener à nous interroger sur la nature de ce que certains médias de l’Hexagone, à la suite de ceux à la solde du Makhzen, ont appelé complaisamment la baraka (la bonne étoile) des monarques, baraka qui a permis, du moins jusqu’ici, à la maison du Makhzen et à sa clef de voûte, le monarque, de se
maintenir et de perdurer. Alors que partout ailleurs, à la faveur de la chute du mur de Berlin et la dislocation du bloc de l’Est, des demeures semblables, ou presque semblables, ont été emportées par la colère populaire ou se sont effondrées d’elles-mêmes sous la pression de la communauté internationale.

C’est ce que nous essayerons de voir dans le cadre de notre prochain article, (incha’aAllah).

Chroniques  Anti-Makhzen







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