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MAROC • Ali Lmrabet : mes carnets de prison

9072008
Condamné à trois ans de prison pour « outrage au roi », le journaliste Ali Lmrabet cohabite avec les trafiquants de drogue et les victimes de la torture. Courrier international publie sa troisième chronique.
Fin août, quelques semaines avant que je ne sois à nouveau renvoyé à la prison de Salé, j’ai eu, au service pénitentiaire de l’hôpital Avicenne, une étonnante conversation avec Mustapha Alaoui – le doyen des journalistes marocains y était également détenu. Alaoui m’a raconté une histoire sidérante, mais néanmoins significative. Quand une délégation de la Fédération des éditeurs marocains de journaux a rendu visite au conseiller royal Mohamed Méziane Belfquih pour plaider mon cas et celui d’Alaoui, le fonctionnaire royal leur promit d’intercéder auprès du souverain à une seule condition : gommer mon nom de la requête, ce qui fut fait. Alaoui a été libéré et moi expédié en prison, merci confrères !
La première chose que je vois dès que je foule le sol de la prison, ce sont les « vibreurs », des détenus atteints par une sorte de tremblote violente et permanente qui les empêche de marcher, de se mouvoir et même de s’exprimer normalement. Pour se déplacer, ils doivent être soutenus par d’autres détenus. Quelqu’un m’explique que ce sont des toxico-dépendants, en manque.

« Tu te crois prisonnier politique, on va régler ça »
Normalement, c’est l’un des infirmiers de la prison qui leur fournit leur dose quotidienne de karkoubi (comprimés), mais, comme les mesures de sécurité ont été renforcées après l’arrivée massive d’islamistes, ce membre du « personnel soignant » préfère attendre que les choses se passent avant de reprendre son juteux commerce. Mais d’où sortent les fameux karkoubis ? C’est l’Etat marocain qui les fournit, et gratuitement. La combine est simple : l’infirmier est de mèche avec un médecin qui signe des ordonnances ; c’est l’administration pénitentiaire qui paie les « médicaments », et les deux compères demandent aux « malades » une contribution. Gardiens et détenus connaissent ce stratagème, mais personne ne parle parce que tout le monde y trouve son compte. Tout le monde ? Non, les vrais malades, ceux qui nécessitent des soins lourds, que l’administration pénitentiaire rechigne à payer, restent à l’écart de ce système.
Un très jeune détenu du nom de Wadie Laalaili, atteint d’un cancer ORL qui le fait horriblement souffrir, passe son temps à hurler. Quand je suis intervenu en sa faveur, j’ai été pris à partie par Hamid, l’infirmier de service, et par Abdelkrim, un gardien connu pour sa brutalité. Un soir, j’ai même reçu la visite de ces deux fonctionnaires, qui m’ont lâché : « Tu te crois prisonnier politique, on va régler ça. On va attendre que tu ailles à la salle des visites, puis on fourgue un kilo de haschisch dans ta cellule, et le tour est joué. » Ils en sont capables.

L’adjudant-chef A. S. est passé à la gégène
Le 1er septembre 2003, la direction de la prison a confisqué 2,5 kg de haschisch dans une cellule. Il n’est pas rare, quand on se balade dans une aile de cette taule, de humer les effluves du shit. Un prisonnier m’a même expliqué qu’avec l’arrivée des barbus les « affaires » étaient devenues difficiles. La barrette de 100 grammes de notre haschisch national vaut aujourd’hui 1 000 dirhams [100 euros] alors qu’il y a quelques mois elle ne valait que 200 dirhams.
L’hebdomadaire Al Ousbou a publié récemment une incroyable information : un trafiquant de drogue incarcéré à Salé aurait offert à la prison des dizaines de tables et de chaises. Il n’en faut pas plus pour faire croire à certains esprits chagrins que l’argent de la drogue finance une prison marocaine.
Autre histoire de drogue, mais d’un autre calibre. Un matin, à la fin de l’été, la prison s’est remplie de juges, de procureurs, de policiers et de militaires. Ces serviteurs de l’Etat n’étaient pas là en visite guidée ou d’inspection. Ils étaient tous en état d’arrestation. Après la détention de deux « capos » de la drogue hispano-marocains, Mounir el-Ramach et « El Nene », qui auraient donné des noms lors d’interrogatoires brutaux menés par la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ), les autorités marocaines ont mené une véritable rafle dans leurs propres rangs à Tétouan, dans le nord du pays. Parmi ceux qui ont été arrêtés, il y a sûrement des coupables, mais aussi des innocents.
Une première dans l’histoire du Maroc, la rafle a touché des présidents de chambre criminelle, des procureurs, des préfets de police, un agent de la Direction de la surveillance du territoire (DST), plusieurs civils, une bonne pelle de policiers et de militaires.

Il y a plusieurs groupes dans cette fournée. Le premier, composé de magistrats et de flics, n’a pas été « molesté ». Le deuxième groupe, celui des civils, non plus. L’un de ces derniers, un commerçant de meubles qui se targue d’amitiés très haut placées, serait prêt, dit-on, à donner des noms qu’aucun juge d’instruction n’aurait le courage d’enregistrer. Le troisième groupe, celui des militaires et des gendarmes, a visiblement souffert le martyre, c’est-à-dire qu’il a été torturé. Transporté par hélicoptère de Tétouan, et conduit les yeux bandés dans un lieu secret près du zoo de Témara, dans la banlieue de Rabat, l’adjudant-chef A. S. est passé à la gégène, une gégène marocaine et moderne. Le 30 septembre, alors que je me trouvais à l’infirmerie, je l’ai entendu se plaindre de ses reins. Il racontait qu’il avait subi un calvaire. Dans le lieu « secret », il avait eu droit à la méthode du « chaud et froid » : le malheureux est attaché à un ventilateur d’air chaud, collé contre sa poitrine ; puis à un certain moment, on amène un ventilateur d’air froid, cette fois-ci contre son dos. Ce mélange de température rend la victime folle de douleur.
Et dire que le Maroc se prépare à présenter à la mi-novembre, devant la Commission des droits de l’homme de l’ONU, un rapport attestant de l’inexistence de la torture dans le royaume ! Pourtant, il suffit de visiter la prison de Salé, où je suis logé de force aux frais de l’Etat, pour se rendre compte que certaines fâcheuses habitudes n’ont pas disparu.
Au milieu du bâtiment central, il y a un endroit, une sorte de petit hall grillagé et battu par les vents, que les détenus appellent avec effroi le « jardin ». Bel euphémisme pour désigner un lieu qui n’a ni eau ni toilettes, et où sont enchaînés pendant des jours, pieds et poings liés par des menottes, les prisonniers récalcitrants – le Moyen Age. Un jour, j’ai montré ce lieu infâme à mon avocat, le bâtonnier Jamaï, également président de l’Observatoire des prisons. « Ils n’ont pas le droit ! » s’est-il écrié.

Ici

 




Maroc: arrestation de 35 recruteurs pour Al-Qaïda en Irak et en Algérie

3072008

Maroc: arrestation de 35 recruteurs pour Al-Qaïda en Irak et en Algérie dans La face cachée jeapy1qhcengb8kkzj5

Chakib Benmoussa

( un autre fachi = un autre rigolo)

Trente-cinq personnes, qui recrutaient des volontaires pour le réseau islamiste Al-Qaïda en Irak et en Algérie, ont été arrêtées récemment par les services de sécurité marocains, a indiqué mercredi une source policière citée par l’agence Map.

« Ce réseau a recruté et convoyé une trentaine de candidats aux opérations kamikazes en Irak et trois volontaires pour combattre aux côtés des membres d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique » (AQMI), a ajouté cette source.

Les arrestations ont eu lieu dans plusieurs villes du royaume, selon la Map, qui ne précise pas la date des interpellations.

« Les suspects projetaient également des actes terroristes au Maroc », a également indiqué la source policière.

Il s’agit du troisième réseau islamiste officiellement démantelé au Maroc depuis le début de l’année. En février, la police avait annoncé l’arrestation de 36 personnes appartenant à un « réseau terroriste à soubassement jihadiste » dirigé par un Belgo-Marocain, Abdelkader Belliraj.

Le 19 mai, la police avait fait état du démantèlement d’un « réseau terroriste » de 11 personnes qui projetaient des attentats au Maroc et en Belgique et étaient en relation avec « avec des filières d’acheminement de volontaires en Irak et pour les camps d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, en Algérie ». Deux de ces personnes ont depuis été innocentées

AFP




Maroc: HWR demande l’arrêt des poursuites contre al-Jazira et un militant des droits de l’homme

1072008

Human Rights Watch (HRW) a appelé mardi les autorités marocaines à cesser les poursuites judiciaires contre le directeur d’al-Jazira à Rabat et un militant des droits de l’homme, accusés d’avoir propagé « des fausses informations » sur une opération policière. 

« Les autorités marocaines devraient chercher la vérité sur les larges abus commis par la police à Sidi Ifni et permettre une discussion ouverte sur cet incident au lieu d’user des lois repressives pour +tirer sur les messagers+ », a écrit dans un communiqué Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de cette ONG dont le siège est à New York.

Le procès contre Hassan Rachidi et contre le responsable du Centre marocain des droits humains (CMDR) à Sidi Ifni, Ibrahim Sebaa El Layl, devait s’ouvrir mardi matin à Rabat. Ils sont inculpés de « diffusion d’une fausse information et complicité ».

Ils avaient affirmé qu’une violente intervention policière à Sidi Ifni, une localité portuaire dans le sud du Maroc avait fait, le 7 juin, « entre un et cinq morts », ce que les autorités marocaines ont catégoriquement démenti.

Par ailleurs, M. Sebaa El Layl, qui a été arrêté le 27 juin, devait comparaître mardi après-midi devant un tribunal pour avoir répété ses accusations lors d’une conférence de presse du CMDR.

« Poursuivre en justice des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes pour la diffusion d’informations est incompatible avec l’engagement du Maroc à respecter la liberté d’expression (…) et rend plus difficile l’établissement de la vérité », a souligné Mme Whitson.

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Maroc: La tension tounours vive à Sidi Ifni

11062008

Quatre jours après la dispersion par la police de jeunes manifestants à Sidi Ifni, la tension restait vive. Les protestataires ont bloqué le port de pêche pour protester contre leur marginalisation économique et sociale dans cette petite ville du sud marocain. L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) a affirmé que les forces de sécurité avaient pris à partie des habitants de Sidi Ifni dans la rue et même à domicile, faisant état de violences, de viols, de vols et d’insultes. Des témoins ont également vu des policiers, armé de matraques et apputés par des chiens, intervenir violemment, tuant et blessant certains manifestants. Mais le gouvernement a démenti cette version des faits. « A Ifni, les événements ont pris un tour plus dramatique qu’ailleurs parce que certaines personnes, des extrémistes, ont voulu politiser la crise« , a déclaré le ministre marocain des Communications, Khalid Naciri.

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Troubles sociaux meurtriers au Maroc et en Tunisie

9062008

De violentes émeutes ont éclaté ces derniers jours à Sidi Ifni et Gafsa, localités situées respectivement au Maroc et en Tunisie. C’est le chômage, couplé à l’absence de perspectives, qui a conduit, les 6 et 7 juin, des chômeurs à descendre dans les rues de ces deux petites villes, perdues à des centaines de kilomètres au sud de Rabat et de Tunis.

A Sidi Ifni (20 000 habitants), port de pêche d’une région berbère contestataire, limitrophe du Sahara occidental, une violente altercation a opposé, samedi, les forces de l’ordre à des jeunes manifestants. Ceux-ci bloquaient le port pour contester un tirage au sort organisé un peu plus tôt par la municipalité pour l’embauche de trois personnes.

Le bilan de l’échauffourée qui a suivi est incertain. Les associations locales, notamment Aït Baamarane et le Centre marocain des droits humains (CMDH), avancent le chiffre d’au moins deux morts et de nombreux blessés. Information confirmée par la chaîne de télévision Al-Jazira, qui fait état de deux à huit morts.

Les autorités marocaines, quant à elles, parlent de 44 blessés et démentent énergiquement qu’il y ait eu des morts. Elles accusent Al-Jazira de « légèreté dans la collecte de l’information ». Reste que l’accès à l’hôpital de Sidi Ifni est bloqué par les forces de l’ordre, ce qui alimente les rumeurs.

Dans le sud tunisien, pendant ce temps, la région de Gafsa (120 000 habitants) s’enflammait à nouveau. Vendredi, un jeune de 25 ans a été tué par balles à Redeyef (l’un des quatre bassins miniers de Gafsa), lors d’affrontements avec les forces de l’ordre. Déjà, en mai, un jeune manifestant était mort électrocuté alors qu’il tentait de couper des câbles électriques. A l’annonce de ce nouveau décès, la colère a été telle que l’armée a été appelée en renfort et s’est déployée, samedi, à la place de la police.

Voilà cinq mois que les quatre bassins miniers de Gafsa, ville déshéritée de l’intérieur où le taux de chômage dépasse les 30 %, sont secoués par des émeutes. Le seul employeur de la région, la Compagnie des phosphates de Gafsa (CMG), n’embauche plus depuis des années, en raison de la mécanisation des mines. Le nombre des employés est passé de 14 000 dans les années 1980 à 5 000. Le 7 janvier, 81 postes ont toutefois été proposés. Plus de 1 000 candidats se sont présentés. Dès que la liste des « gagnants » a été affichée, la révolte a éclaté. Selon Hajji Adnane, porte-parole du mouvement de Redeyef, « les embauches étaient affaire de corruption et de népotisme ».

Les mineurs de Redeyef se plaignent d’être otages d’un potentat local qui est à la fois patron, délégué syndical et député du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir. Ils accusent également la police de se livrer régulièrement à des provocations et à des pillages. Les femmes sont aux premières loges de ce combat contre le pouvoir. Fait exceptionnel : elles étaient nombreuses, samedi, à assister à l’enterrement du jeune tué la veille par la police.

Ici

                                           La rue gronde au Maghreb




Maroc:Intervention policière à Sidi Ifni

7062008

La police marocaine a délogé de force samedi des manifestants qui bloquaient depuis une semaine le port de Sidi Ifni, dans le sud, dénonçant la pauvreté et le chômage. « La police est intervenue pour expulser les manifestants« , des jeunes gens pour la plupart, a dit un responsable local de la sécurité, ajoutant que vingt personnes avaient été interpellées mais qu’il n’y avait eu aucune victime. Un habitant participant à la manifestation a déclaré pour sa part que les forces de l’ordre étaient équipées de matraque et de chiens-policiers. « Des dizaines de personnes ont été blessées et j’ai vu deux cadavres au sol, portant des blessures à la tête« , a-t-il dit sous le couvert de l’anonymat. « Des amis de différents quartiers m’ont parlé de trois autres morts« , a-t-il ajouté. Un diplomate occidental a déclaré de son côté qu’une source fiable ayant assisté à la scène lui avait dit le bilan était de huit morts. Le gouvernement a démenti les témoignages faisant état de morts dans l’opération.

Ici

Le makhzen vient encore une fois prouver son inconscience et sa profonde pensée envers les « Marocains » qui souffrent en cachant leurs peines et qui ne demandent que « Le pain ».

Halte à la répression, halte au massacre !

Un coup d’oeil par: Ici




Maroc:Le vrai visage de la police marocaine

2062008

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 Passage à tabac d’une femme avec son bèbè par un flic .

De tels incidents se produisent régulièrement au Royaume Enchanté.

 Le Maroc s’enfonce un peu plus chaque jour dans la crise. Economique d’abord, sociale ensuite,répressive  pour courroner le tout.

1210698200_Lire_la_suite  Lettre ouverte au Ministre de l’Intérieur




Maroc:Les détenus amazighes violemment réprimés dans l’enceinte du tribunal

1062008

Maroc:Les détenus amazighes violemment réprimés dans l’enceinte du tribunal dans La face cachée 6icdvpa11v1nylwwph 

Dans l’enceinte du tribunal, devant les juges et sans ordre de ces derniers, la police marocaine frappe violemment les étudiants détenus à Meknès !!!

C’est le résumé d’un communiqué en arabe de la section du Centre Marocain des Droits de l’Homme à Elhajeb dont voici la traduction :

Dans le cadre de l’accompagnement par le Bureau Régional du Centre Marocain des Droits de l’Homme du développement du jugement des étudiants de la cause amazighe détenus à la prison civile de Sidi Said de Meknès, des membres du Bureau se sont rendus à la Cour d’Appel pour suivre les développements de cette affaire.

Dès leur arrivée, ils ont remarqué une présence massive des forces de l’ordre à l’intérieur du tribunal. Après la présentation des détenus devant la cour de justice, après les prestations des témoins et des avocats de la défense, la partie adverse a demandé le report du jugement pour absence d’un témoin qui ne s’est jamais présenté devant la cours malgré des convocations répétées.

La Malgré l’intervention de la défense contre cette demande, le tribunal a décidé de reporter le jugement au 03-07-2008.

Devant cet énième report, les étudiants ont protesté verbalement dans la salle d’audience. Sans aucun ordre du juge, la police est intervenue violemment contre les étudiants, frappant et bousculant les détenus par tous les moyens afin de les faire sortir du tribunal et les ramener à la prison. Les parents des détenus qui étaient présents ont énergiquement mais pacifiquement protesté contre cette violence inhumaine, dégradante et portant atteinte à la dignité de leurs enfants. Devant cette situation, le Bureau Provincial du Centre Marocain des Droits de l’Homme déclare :

 sa solidarité avec les étudiants détenus et sa demande de leur libération ;

sa condamnation de cette intervention violente qui n’a pas respecté les sentiments des familles des détenus, qui constitue une grave atteinte à l’intégrité du tribunal et donc aux conditions d’une véritable justice qui stipule que tout prévenu est innocent jusqu’à la preuve du contraire par un jugement définitif.

Sa demande au Procureur Général auprès de la Cours d’Appel de Méknès d’ouvrir une enquête au sujet de cette intervention des forces de l’ordre dans l’enceinte du tribunal, et de garantir la sécurité des détenus jusqu’à leur libération.

Le Bureau Provincial du Centre Marocain des Droits de l’Homme

Ali Khadaoui




Maroc: la révolte des étudiants violemment réprimée

31052008

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l’étudiant El Wali Kadimi  » Hopital Ibn Tofayl à Marrakech »

Depuis plus d’un mois, l’université de Marrakech est le théâtre d’affrontements entre police et étudiants en colère. Barricades contre bombes lacrymogènes, jets de pierres contre boucliers, cocktails molotovs contre balles en caoutchouc. Depuis plus d’un mois, l’Université Cadi-Ayyad de Marrakech (UCAM) connaît des troubles particulièrement violents. A plusieurs reprises, des étudiants y ont affronté les forces de l’ordre et, des deux côtés, les blessés sont nombreux. Les lieux, eux, portent encore les stigmates des combats: vitres brisées, bureaux détériorés, équipements brûlés. Le président de l’UCAM, Mohammed Marzak, résume en trois mots la situation: « tout a été détruit« .

Tout commence le soir du 25 avril. Une vingtaine d’étudiants est victime d’une intoxication alimentaire au restaurant de la cité universitaire de Marrakech. C’est l’étincelle qui met le feu aux poudres pour des jeunes ulcérés par leur « situation sociale critique« . Histoire de montrer leur solidarité avec les intoxiqués, près de 3000 jeunes, sur les 28 000 que compte l’université, marchent vers l’hôpital Ibn Toufail.

(Voir la vidéo, filmée avant l’arrivée des forces de l’ordre)

Vite cernés par la police, ils décident alors de revenir à la cité U, suivis de près par les forces de l’ordre. Mohammed (les prénoms des témoins cités dans l’article ont été changés), étudiant d’économie de 20 ans, raconte:

    « Plusieurs manifestants se sont organisés pour se protéger et se défendre des policiers. Ils ont élevé des barricades, ramassé des cailloux et préparé des cocktails molotovs.« 

Vers 23 heures, les premières pierres sont jetées sur les policiers, qui répliquent. Très violents, les combats durent presque toute la nuit. Ce n’est qu’à 4 heures du matin que la police quittera la cité universitaire, une trentaine de manifestants dans ses filets. Des deux côtés, le bilan est lourd: de nombreux blessés, plus ou moins graves, et presque quarante fourgonnettes carbonisées. Le lendemain, plus de la moitié des jeunes interpellés sont relâchés. Les autres devront attendre leur passage devant le tribunal le 9 mai pour obtenir une liberté provisoire.

Siège à la cité universitaire

Il n’en fallait pas plus pour que les manifestants y voient une victoire. Bien décidés à fêter la chose, les voilà de nouveau réunis le 12 mai. A l’appel d’une poignée d’entre eux, issue des courants marxiste-léninistes comme la « Voie démocratique basiste » ou « Annahj Addimocrati« , les étudiants se mettent d’accord pour « poursuivre la lutte » afin de faire entendre leurs revendications.

Cela fait plusieurs mois qu’ils réclament la revalorisation des bourses, l’amélioration des conditions de logement, la gratuité des repas et du transport pour certaines catégories d’étudiants, mais aussi le respect de la liberté syndicale et surtout le renvoi du doyen de la faculté de Droit. Il faut savoir que, sur les douze facultés de l’UCAM, l’immense majorité des manifestants est issue de celles de Droit et de Lettres.

Selon Mohamed Zainabi, du Reporter, « le président de l’université Cadi Ayyad qualifie d’irréalistes les revendications des protestataires, parce qu’elles sont, d’après lui, irréalisables puisque dépassant largement les compétences de l’université. » Pas de réponse de la part du ministre marocain de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, Ahmed Akhchichen, qui affirme ne pas avoir « reçu de revendications à proprement parler.[...] On n’a aucun document écrit à ce sujet.« 

Rendez-vous est donc pris pour le 14 mai. Selon les témoignages, entre 1000 et 2000 étudiants marchent vers le rectorat, pour contraindre les responsables de l’université à entamer le dialogue sur les revendications. Le scénario est quasi identique à celui du 25 avril: encerclés par les forces de l’ordre, les manifestants se replient vers la cité universitaire.

Sauf que, cette fois, les policiers sont en surnombre. Avec de vieux lits, des poubelles, les étudiants tentent de leur barrer l’entrée de la cité U. Ils leur jettent des pierres, certains des cocktails molotovs, d’autres encore mettent le feu aux barricades. La police riposte: bombes lacrymogènes et balles en caoutchouc pleuvent sur le bâtiment.

« Torture au commissariat »

Au bout de trois heures de combats acharnés, les forces de l’ordre parviennent enfin à pénétrer dans la cité U. Youssef, étudiant de 22 ans, témoigne de la violence des policiers:

    « Ils ont forcé les portes de nombreuses chambres et ont tout cassé à l’intérieur. Des recherches universitaires ont été perdues, des affaires personnelles et précieuses ont disparu.« 

Ce que confirme Amine, membre de l’Union nationale des étudiants marocains (UNEM), un des deux syndicats universitaires du Maroc:

    « De l’argent, des ordinateurs portables ont été volés, des bureaux détruits, des vitres brisées, des télés cassées.« 

Une partie des locaux de l’administration de la cité universitaire a aussi été incendiée. Les étudiants accusent les policiers, l’université rejettent la faute sur les manifestants. Un café, jouxtant les lieux, a lui aussi été saccagé. Dans les deux camps, les blessés sont nombreux. Un policier, assailli par cinq ou six étudiants cagoulés et armés de barres de fer, n’a eu la vie sauve que parce qu’il a tiré en l’air avec son arme à feu. Selon notre confrère du Reporter, « certains responsables [des forces de l'ordre] affirment que l’intervention policière visait essentiellement la protection des riverains de tout acte de sabotage. D’ailleurs, notent-ils, des actes de vandalisme ont été enregistrés aux alentours du lieu des manifestations.« 

Pour Omar Arbib, le rapport de force était vraiment déséquilibré. Ce membre de l’association marocaine des droits humains (AMDH) dresse un bilan sombre de cette journée de combats:

    « En tout, près de trois cents étudiants ont été blessés par la police, dont quarante grièvement. Certains doivent leur blessures aux affrontements avec les policiers, mais d’autres ont été torturés pendant leur séjour au commissariat. La rumeur parlait même d’un mort côté étudiant. Pendant les incidents, l’un d’entre eux est tombé -ou a été poussé- du troisième étage de la cité universitaire. En fait, il est vivant mais sa moelle épinière a été touchée. Il se trouve toujours à l’hôpital aujourd’hui.« 

Ce militant des droits humains s’inquiète aussi de l’état de santé de nombreux étudiants:

    « Beaucoup souffrent de fractures en tout genre, mais ils restent chez eux, refusent d’aller à l’hôpital, de peur d’être interpellés par la police.« 

« Une année mouvementée » à venir

En tout, près de trois cents jeunes ont été arrêtés le 14 mai, plusieurs autres le lendemain. La plupart d’entre eux a été relâchée. Aujourd’hui, dix-huit restent encore en prison. Un premier groupe de sept sera jugé le 2 juin, les onze autres attendent encore la date de leur jugement.

Ces derniers seront poursuivis « pour crimes graves« , accusés de « destruction de biens publics, d’outrage et de violence à l’encontre des forces de l’ordre« . En guise de preuves, le président de l’université, Mohammed Marzak, a montré aux journalistes marocains des photos d’armes blanches, de cocktails molotovs et même des bombonnes de gaz piégées. Chez les étudiants, personne n’a confirmé l’existence de ces dernières.

Un comité de soutien aux jeunes emprisonnés a été créé et leurs familles ont organisé un sitting devant le tribunal de première instance où ils doivent être jugés. Ils ont entamé une grève de la faim afin d’être considérés comme des détenus politiques. Des étudiants d’Agadir ont aussi manifesté leur soutien à leur camarades marrakchis.

Aujourd’hui, à la cité U, le calme règne tandis qu’à l’université, les cours ont repris. Prévus début juin, les examens ont été reportés à la mi-juillet et les rattrapages en septembre. Reste qu’aucune des revendications des étudiants n’a abouti. Amine, membre de l’UNEM, prédit donc une « année mouvementée » aux responsables universitaires à partir de septembre prochain:

    « Nos revendications sont à la fois politiques, syndicales, pédagogiques et matérielles. La situation sociale de nombreux étudiants est critique, nos droits sont bafoués. Tant que l’État ne réformera pas le système universitaire, les étudiants ne lâcheront rien.« 

Source : Rue89




Maroc:Evasion d’un trafiquant de drogue de la prison agricole de Nador

24052008

Un détenu marocain, condamné à huit ans de prison pour trafic de drogue, s’est évadé d’une prison agricole de Nador (nord) grâce à la complicité de quatre personnes, a rapporté l’agence marocaine de presse MAP.

«  »Munis d’une bombe lacrymogène et de sabres, quatre individus ont participé dans la région de Nador à l’évasion du détenu quand celui-ci était en cours de transfèrement vers une prison agricole »", a ajouté l’agence MAP qui a qualifié l’évasion du détenu d’ »"enlèvement »".

Les assaillants et le détenu, Soussi Mimoun, ont pris la fuite à bord d’un véhicule tout terrain, selon la même source.
La police a lancé des recherches pour retrouver le prisonnier et ses complices.
La direction de l’administration pénitentiaire marocaine n’était pas joignable vendredi soir pour fournir plus de détails sur cette affaire.

Le 7 avril dernier, neuf détenus islamistes condamnés à de lourdes de peines à la suite des attentats de Casablanca de 2003 se sont échappés de la prison de Kenitra, au nord de Rabat. Ils s’étaient évadés en creusant un tunnel qui aboutissait dans le jardin du directeur de la prison.

Un d’entre eux a été arrêté le 1er mai et les autres sont activement recherchés.

Source: AFP 







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