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Maroc:Barack Obama a refusé le marchandage de MoMo 6

21072009

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Pourquoi la base de l’Africom n’a pas été installée au Maroc

Bien que le royaume du Maroc constitue une position géographiquement et politiquement intéressante, les États-Unis ont refusé la proposition marocaine d’y installer le siège de l’Africom, car la contrepartie n’est autre qu’un soutien américain au plan d’autonomie de Rabat pour le Sahara occidental. 1La véritable raison de la non-implantation du siège du commandement des forces américaines en Afrique (Africom) et son maintien à Frankfurt en Allemagne n’est pas due à un renoncement du Maroc à l’accueillir, mais à un refus de Washington d’accepter l’offre marocaine, car celle-ci était soumise à condition. En effet, selon le réseau d’information et de documentation pour le développement durable et la solidarité internationale (RITIMO), le Maroc s’est porté volontaire pour héberger le siège de l’Africom en échange d’un soutien américain au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental. Washington, qui ne reconnaît que l’administration marocaine dans ce territoire, et non sa souveraineté en raison de la contestation du peuple sahraoui, a rejeté cette offre, la jugeant contraignante. À en croire ce site internet, cette politique de marchandage avait donné ses fruits sous l’ère de George W. Bush qui, en 2003, avait soutenu le plan Baker pour s’aligner, avant de changer sa position en s’alignant sur le plan d’autonomie marocain proposé en 2007 en échange de l’acceptation d’abriter des centres de détention secrète de la CIA. Cette même source ajoute que les services du renseignement marocain avaient collaboré intensément avec leurs homologues américains de la CIA et du FBI dans leur lutte contre le terrorisme. Ces derniers ont spécialement utilisé le siège de la DST à Temara comme lieu de détention temporaire où ils ont, selon de nombreux témoignages recueillis, notamment par des organisations internationales telles que Human Rights Watch ou Amnesty, délocalisé la torture de certains terroristes présumés d’El-Qaïda. Il s’agit d’un programme intitulé « Extraordinary Renditions », dévoilé par la presse américaine en 2002, dont le but est de sous-traiter les interrogatoires musclés d’activistes islamistes par des services de renseignement de pays alliés peu regardants sur les principes des droits de l’homme. Pour rappel, l’Africom, dont la création avait été annoncée en 2007 par le président Bush, avait pour but de mettre en place un programme pour permettre aux pays du Maghreb et d’Afrique d’entraîner leurs troupes et d’effectuer des manœuvres communes. Ce programme devrait aider les pays de cette région à contrer les menaces terroristes et le crime organisé. Ainsi, alors que l’Algérie, l’Afrique du Sud, la Libye et le Nigeria défendaient l’idée que les mécanismes de l’Union africaine pour la prévention et la résolution des conflits sont les mieux appropriés pour gérer les problèmes de sécurité en Afrique, et refusaient l’implantation du siège de ce commandement militaire américain sur le continent, Mohammed VI a mis à profit leur refus pour proposer de l’accueillir. On se rappelle encore de la propagande marocaine, qui s’est mise en branle pour promouvoir l’offre, à travers tous les médias marocains qui s’étaient fait l’écho de l’installation du QG de l’Africom à la ville de Tan-Tan. Il n’en demeure pas moins que l’administration US a décliné l’offre de son allié traditionnel, le Maroc. Le nouveau président américain, Barack Obama, qui a ordonné la fermeture de Guantanamo et de toutes les prisons secrètes de la CIA dans le monde, a refusé que le siège de l’Africom soit au Maroc. Il rompt ainsi avec les pratiques américaines du passé et avec le traditionnel soutien américain aux thèses annexionnistes marocaines et au plan d’autonomie.




Maroc:Les dix ans de règne de Momo VI

5052009

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Un livre au vitriol sur les dix ans de règne de Mohammed VI, signé par le cofondateur du plus grand hebdo marocain. Savoureux menu… Encore un peu relevé par le refus du Journal Hebdomadaire d’en publier les bonnes feuilles.

Les plumitifs du royaume enchanté qui se vouent aveuglément à la défense de Mohammed VI et du makhzen marocain ne pourront pas crier à l’ingérence étrangère. Cette fois, c’est un journaliste marocain qui s’attaque à la citadelle royale. Co-fondateur avec Aboubakr Jamaï du grand hebdo indépendant Le Journal Hebdomadaire, Ali Amar, 42 ans, publie ce mercredi chez Calmann-Lévy, Mohammed VI, le grand malentendu. Peu amène, cet ouvrage tire le médiocre bilan des dix premières années de règne du fils de Hassan II et passe en revue différentes affaires qui ont égayé les débuts du jeune souverain : les petits week-ends en amoureux de Nicolas et Carla Sarkozy chez un Mohammed VI qui a mis à leur disposition son « petit palais de Jnane Lakbir, niché dans la Palmeraie » de Marrakech, le renvoi de l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri, l’assassinat du maître-chanteur Hicham Mandari, la pittoresque affaire de Talsint où le roi a cru que l’on avait trouvé du pétrole au royaume enchanté… Mais aussi des descriptions précises des dérives de l’entourage du monarque, sans oublier Lalla Selma, la rousse épouse de Mohammed VI. Bonnes feuilles.

Très riche roi des pauvres

D’emblée, Ali Amar dresse un portrait carabiné du roi Mohammed VI et de son penchant pour la fête avec les people. « Samedi 2 novembre 2002 à Marrakech. C’est le pic de saison pour La Mecque du tourisme marocain après les longs mois d’accalmie qui ont suivi le 11-septembre, mais les hôteliers et les restaurateurs font grise mine. Sur ordre des autorités, comme à l’accoutumée, tous les débits de boisson baissent leur rideau aux musulmans : dans quelques jours c’est ramadan. Un tunnel d’un mois qui grève leur chiffre d’affaires, surtout lorsque le calendrier de l’Hégire le fixe en automne. Vers 21 h 30, pourtant, à un jet de pierre du célèbre palace La Mamounia, dans la rue qui abrite Le Comptoir, un lounge-bar à la mode, l’ambiance n’est pas à la piété. De rutilantes limousines escortées de motards, tous gyrophares tournoyants, déversent dans un ballet incessant près de 300 convives aux portes de ce haut lieu de la vie nocturne marrakchie. Ce soir, la jet-set internationale est invitée par P. Diddy, la star du rap américain, qui a choisi le Maroc pour souffler ses 33 bougies. Sont arrivés à bord de deux avions spécialement affrétés de New York et de Paris par la Royal Air Maroc : Naomi Campbell, Ivana Trump, Tommy Lee Jones, Joey Starr ou encore Gérard Depardieu. De nombreux artistes de la scène musicale new-yorkaise dont les chanteurs Usher ou Billy Crawford ont également fait le déplacement pour trois jours et trois nuits de libations à l’orientale. Coût de l’anniversaire : un million de dollars, selon la très people « Page Six » du New York Post et le tabloïd anglais The Sun, qui affirmeront que la somme pour régler la note salée provenait de la cassette personnelle de Mohammed VI. L’information est relayée par toutes les gazettes mondaines de la planète et devient vite incommodante pour le jeune roi que l’on voit à la veille du mois sacré distribuer lui-même, à grand renfort de propagande, la soupe populaire aux nécessiteux du royaume. L’humoriste franco-marocain Jamel Debbouze, ordonnateur de ces soirées dignes des Mille et une nuits, est appelé à la rescousse. Il dira benoîtement qu’il a organisé lui-même ces festivités à travers Kissman Events, la société d’événementiel qu’il a créée au Maroc à cette occasion. Plus cocasse encore, son agent Jean-Pierre Domboy affirmera qu’en réalité l’opération n’a été possible que « grâce à une conjonction de partenaires comme l’office marocain du tourisme, la compagnie Royal Air Maroc, de grands palaces de Marrakech, ainsi que la chaîne de supermarchés Marjane ». Une bien fortuite conjonction de grandes entreprises publiques et de l’enseigne de grande distribution qui appartient à un holding royal. Toujours est-il qu’officiellement, le roi Mohammed VI n’a en aucun cas offert quoi que ce soit sinon, toujours selon l’agent de Jamel Debbouze, « l’utilisation d’une quinzaine de voitures avec chauffeurs, attachés au Palais ». L’intention de Jamel, « qui s’implique de plus en plus dans la promotion de l’image de son pays d’origine, était de faire découvrir à P. Diddy et à ses amis américains la beauté du Maroc, le sens de l’hospitalité et de la fête de ses habitants et surtout de leur montrer qu’un pays musulman pouvait être tout à fait fréquentable ». En réalité, le rétropédalage de Debbouze cache mal la gêne du Palais qui s’efforce depuis l’accession de Mohammed VI au trône en 1999, de façonner au souverain une image de « roi des pauvres » en rupture avec la magnificence médiévale de Hassan II. Des photos de paparazzi parues dans la presse, qui le montraient, alors prince héritier en jean et baskets, un paquet de Marlboro à la main, faisant ses emplettes dans les beaux quartiers de Paris, avaient déjà valu à sa garde rapprochée de sévères remontrances. Les débuts de son règne semblaient pourtant confirmer cette volonté du jeune roi de vivre au diapason de son peuple : plus modestement. » « le train de vie de sultan des temps modernes mené par Mohammed VI ne peut plus être tenu secret. Chaque année, le budget de l’État alloué à la monarchie s’élève à près de 300 millions d’euros. On y décompte les « listes civiles » qui comprennent notamment le salaire du chef de l’État (environ 36 000 euros par mois) ainsi que les indemnités que perçoit sa famille proche dont le détail reste confidentiel, atteignant 2,5 millions d’euros par an. Cependant, l’essentiel des dépenses du monarque provient d’à-côtés budgétaires pharaoniques destinés à entretenir sa cour et ses proches collaborateurs (un millier de salariés qui n’engloutit pas moins de 160 millions d’euros chaque année). Des rallonges qui sont prestement votées par consentement tacite des élus de la Nation au pouvoir bien limité. Le budget de fonctionnement de la maison royale – réparti en frais de personnel, frais de bouche, frais de déplacement, de téléphone, d’entretien des palais et de subventions diverses – représente plus de 2 % des dépenses totales de l’État. Il a augmenté de plus de 40 % depuis 2000. Il dépasse l’enveloppe allouée à la Justice, par exemple, et représente plus de vingt-cinq fois celle du Premier ministre et de son cabinet, réduit à la portion congrue et de facto à la figuration. Les dépenses somptuaires du Palais, décuplées par le grand apparat de son protocole, atteignent des sommets pour chacune des coquetteries voulues par le roi. Mohammed VI dilapide par exemple 40 millions d’euros par an en frais de voyages, 1 million pour la nourriture des animaux du Palais, 6 millions pour le renouvellement de son parc automobile, près de 2 millions en dépenses vestimentaires chez les grands couturiers comme Gianfranco Ferre ou des stylistes en vogue comme Holland and Sherry, qui a annoncé en 2008 sur le site stv.tv que le roi faisait partie des 18 personnalités à lui avoir commandé l’habit le plus cher au monde : un costume en laine de lama des Andes pour la coquette somme de 35 000 livres sterling. La marque qui habille les grandes stars comme George Clooney et Tom Cruise précisait que le vêtement de Mohammed VI nécessitait un travail de dix-huit mois pour sa confection. Des chiffres qui donnent évidemment le vertige dans un pays où le salaire minimum ne dépasse pas les 200 euros. » Les deux têtes de Janus Au menu de ce chapitre, la description des relations entre deux personnalités proches de Mohammed VI : les sieurs Fouad Ali el Himma et Mounir Majidi. Les deux hommes se livrent un combat de titans pour le pouvoir et l’oreille du souverain. « Depuis que Mohammed VI est roi, les parcours fulgurants des deux hommes résument à eux seuls la « nouvelle ère ». Deux personnalités, devenues en dix ans les plus influentes du Maroc, qui n’ont presque aucun point en commun, sinon celui de vouloir être au plus près de Sa Majesté. Ils personnalisent deux archétypes de cette « Génération M6 », mais surtout deux versants d’un même pouvoir, dont le roi a lui-même tracé les contours : El Himma à la politique et à la sécurité en tant que ministre délégué de l’Intérieur, Majidi au business et à la gestion de la fortune royale en tant que chef du secrétariat particulier du roi. Depuis qu’ils se sont hissés au pinacle du pouvoir, ces deux confidents de Mohammed VI font mine de respecter ce jeu de rôle, mais, à chaque faiblesse de l’un ou de l’autre, leur guerre d’usure laisse jaillir des étincelles. En coulisses, leur combat n’a pas repris : il ne s’est jamais interrompu. « Arrêter de surveiller l’autre serait déjà une erreur, cesser de s’en méfier, une faute », commente un habitué du sérail. Les quelques patrons invités à la cène d’Elalamy qui abordent ce sujet en discrets conciliabules ont des raisons de s’inquiéter : ils font partie du clan Majidi, formaté autour des holdings royaux et du patronat. Et Majidi est de nouveau au centre de plusieurs polémiques qui pourraient favoriser ceux d’en face, affidés à l’aile sécuritaire du Palais. Déjà en 2004, lorsque se préparait la relève au sein du patronat, El Himma avait saisi l’occasion d’avancer ses pions dans le pré carré des hommes d’affaires, soutenu en cela par le tour de vis sécuritaire donné au pays au lendemain des attentats sanglants du 16 mai 2003 à Casablanca, la capitale économique du royaume. El Himma avait profité de l’événement pour accuser publiquement les grands patrons de la ville de ne pas suffisamment investir afin de stimuler l’économie marocaine, de réduire le chômage et ce faisant d’éradiquer la misère des banlieues, terreau fertile de l’islamisme radical. Il empiète alors sur le domaine réservé de Majidi, qui lui aussi veut contrôler à sa manière le patronat en y plaçant ses fidèles alliés. Parce qu’il s’agit de menace terroriste, parce que la sécurité nationale est en jeu, l’incursion d’El Himma sera tolérée par Mohammed VI. Un geste qui sera très médiatisé et qui rappelle une vérité toute simple : dans la hiérarchie du pouvoir marocain, il n’y a pas de place pour deux vice-rois en période de crise. « Comment, dans ces conditions, parler d’attelage efficace destiné à secouer l’immobilisme du gouvernement ? », s’interroge la presse, qui critique cette polarisation du pouvoir autour du roi et qui ne crée que tensions et scandales à répétition. Cette fois, le fer est croisé au cœur du business de Mohammed VI. Une violente controverse vient d’éclater autour du débarquement précipité de Khalid Oudghiri, un ancien cadre de la BNP promu au poste de P-DG d’Attijariwafa Bank, la banque contrôlée par les holdings du roi. Yassine Mansouri, le patron de la DGED (Direction générale des études et de la documentation), le service de contre-espionnage marocain, est destinataire en décembre 2006 d’une missive confidentielle de ses homologues français. La France, première partenaire économique du royaume, s’inquiète de voir malmenés ses intérêts au Maroc. Mohammed VI est immédiatement informé. On ne saurait obscurcir le ciel dégagé des relations privilégiées avec Paris, alors que le soutien de l’Élysée et du Quai d’Orsay est si crucial sur le dossier du Sahara occidental. El Himma y voit une opportunité de porter l’estocade à son rival. Une réunion extraordinaire est organisée au ministère de l’Intérieur en janvier 2007, à laquelle sont convoqués Majidi et ses lieutenants : Hassan Bouhemou, le patron de Siger (anagramme de Regis, « roi » en latin), holding du souverain qui contrôle l’Omnium Nord-Africain (ONA) et Attijariwafa Bank, Saâd Bendidi, à l’époque P-DG de l’ONA, et Khalid Oudghiri, le P-DG d’Attijariwafa Bank. En face d’eux, El Himma aligne Chakib Benmoussa, le ministre de l’Intérieur, par ailleurs un ancien de l’ONA, et Yassine Mansouri, le chef des services secrets. La réunion est houleuse, mais au sein du clan Majidi, Oudghiri laisse entrevoir des positions opposées sur la stratégie de la banque vis-à-vis de l’ONA et de ses partenaires français, notamment AXA et Auchan avec qui la guerre est ouverte. Oudghiri sera invité à s’exprimer plus librement à huis clos lors d’une deuxième rencontre avec les « sécuritaires ». À cette occasion, il s’opposera à l’idée de mettre la banque qu’il dirige au seul service des intérêts du roi. L’hostilité à l’égard des intérêts économiques de la France est pour lui une hérésie. El Himma boit du petit-lait et s’empresse de s’en ouvrir à Mohammed VI qui attend des explications. Mais l’omerta qui règne au Palais veut que rien ne filtre, l’affaire devra rester secrète. Elle sera tranchée par le limogeage d’Oudghiri sans autre forme d’explication, Majidi préférant sacrifier un pion sur l’échiquier pour que les querelles sur les affaires royales ne soient pas rendues publiques, surtout lorsqu’elles se télescopent avec des enjeux diplomatiques. Pire, alors que Oudghiri quitte le Maroc des mois plus tard pour prendre la direction d’une banque saoudienne, il sera accusé de malversations et de mauvaise gestion d’Attijariwafa Bank, au point qu’il fera appel pour sa défense à Me Vergès, le ténor du barreau parisien, pour se prémunir de la vengeance du clan Majidi qui ne lui a pas pardonné sa traîtrise. » Génération M6 Tout au long de son livre, Ali Amar égrène plusieurs révélations sur l’histoire du Journal Hebdomadaire comme cet épisode concernant l’ancien Premier ministre Driss Jettou. « Dans sa villa du Val d’Anfa à Casablanca, Driss Jettou me reçoit avec le sourire, ce 25 juillet 2008. Je n’avais pas vu l’ancien Premier ministre depuis des années. Le sujet pour lequel je souhaitais le rencontrer devient presque secondaire lorsqu’il se met à égrener des souvenirs communs. « Tu ne sais pas à quel point je vous ai défendu lorsque j’étais aux affaires. Tout le monde voulait votre peau, des gens au Palais bien sûr, mais plus encore chez les socialistes. Parfois, le Conseil du gouvernement faisait de votre cas une obsession. Ça n’a pas été de tout repos, crois-moi. » Je veux bien le croire en effet. 2 décembre 2000, Abderrahmane Youssoufi, Premier ministre socialiste à l’époque, entérine la mort du Journal. Je suis attablé avec Aboubakr Jamaï, Fadel Iraki et l’un des enfants de Mehdi Ben Barka à la terrasse d’un café du XVIe arrondissement à Paris lorsque nous apprenons la nouvelle. Nous décidons de rester en France encore quelques jours pour organiser notre contre-attaque, car cette fois-ci la bataille sera encore plus rude et nous savons que notre meilleure défense est notre exposition à l’opinion internationale. L’interdiction de l’hebdomadaire coïncide avec la tenue au Maroc du premier congrès de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) dans un pays non démocratique. Dans son communiqué de protestation, la FIDH fait remarquer à Youssoufi les contradictions de sa décision. Il prétend la prendre dans « sa conviction de renforcer les espaces de liberté », alors même qu’il a utilisé le fameux article 77 du code de la presse qui a servi pendant des décennies à censurer son propre parti lorsque celui-ci était dans l’opposition. Le satisfecit que voulait donner cette puissante organisation au royaume en organisant son congrès à Casablanca pour la transition vers un État de droit dans laquelle il semblait s’être engagé va tourner à la catastrophe médiatique. Driss El Yazami, l’ancien opposant du régime et cheville ouvrière de la FIDH, se sent floué par cette décision liberticide. À notre retour de Paris, il invite Aboubakr Jamaï à la tribune du Congrès. Face aux caméras du monde entier, après un discours percutant, le jeune patron du Journal annonce sa décision d’entamer sur-le-champ une grève de la faim illimitée afin d’obtenir l’autorisation de ressusciter sa publication. Les débats prévus sur les avancées en matière de droits de l’homme sous Mohammed VI paraissent dès lors désuets. Youssoufi, qui avait quitté la salle avant l’intervention de Jamaï, est décrédibilisé. Ce scénario inattendu au Palais va le contraindre à reconsidérer sa position, surtout qu’une campagne de presse à l’internationale se fait de plus en plus l’écho de la fin du « printemps marocain ». Fouad Ali El Himma, en retrait depuis le début de la crise, reprend langue avec Fadel Iraki, l’actionnaire principal du Journal. Le rendez-vous aura lieu à Marrakech, alors que Jamaï, cloîtré depuis presque une semaine dans son bureau où il a installé un lit de camp, reçoit sans interruption les médias et enchaîne les conférences de presse jusqu’à épuisement. La mobilisation est à son comble, alors que l’État et sa justice se confondent dans des explications juridiques surréalistes pour justifier leur refus d’autoriser Jamaï à lancer un nouveau titre. Le parquet de Casablanca, censé donner ce sésame sur simple présentation d’un dossier, conformément au code de la presse, joue la montre en arguant que des pièces administratives n’ont pas été produites, sans pour autant préciser lesquelles. Alors en route pour Marrakech, Fadel Iraki reçoit un coup de téléphone de son ami Abderrahim Lahjouji, le patron de la CGEM, l’équivalent marocain du MEDEF, avec qui il s’était entretenu durant la journée. Il lui demande de faire demi-tour d’urgence et de le retrouver à son bureau privé de la rue d’Alger. Là, la surprise est de taille : Driss Jettou, alors conseiller du roi, l’y attend. Iraki m’appelle pour assister à la rencontre. L’échange est cordial, mais quelque peu tendu. Lahjouji y met beaucoup du sien, explique au conseiller les retombées néfastes de l’affaire et étale sous ses yeux les articles du Monde, du Figaro et de Libération qui parlent d’un retour aux années sombres. Jettou se tourne vers moi et me dit : « Écoute, je sais que tu es un garçon raisonnable. Le pays est lynché, demande à ton ami d’arrêter au moins sa grève de la faim et je te promets de solutionner le problème dans l’heure qui suit. Si vous faites ça, je vous invite tous les trois à dîner ce soir autour d’un tajine de poulet au citron. » Ce à quoi je réponds que, si Jamaï reçoit son autorisation avant la fin de la journée, nous serions honorés d’être invités à sa table. Au même moment, nous apprenons qu’ordre a été donné au procureur du tribunal de première instance de Casablanca de remettre en mains propres à un Jamaï triomphal son sésame. Jettou appelle alors El Himma de son portable et lui annonce avec satisfaction : « On a gagné ! » Nous dînerons alors le soir même autour du tajine promis au domicile de Lahjouji. Au dessert, Jettou aura cette phrase terrible : « Vous devez savoir qu’au Palais, on ne lit pas tous vos articles dans le détail. On s’arrête souvent sur un titre qui dérange, une formule, mais le sens général n’est pas souvent compris. Vous n’avez pas affaire à des intellectuels. » Pour garder la face, le procureur du roi sera dépêché sur le plateau de télévision de la chaîne 2M pour annoncer que Le Journal a finalement produit les pièces manquantes imaginaires. Le publicitaire Nourredine Ayouch, un proche du Palais, était passé opportunément à l’administration du Journal pour demander une copie du dossier initial, remis un mois plus tôt au procureur. Il ira le déposer au greffe du Tribunal, offrant ainsi à l’État le prétexte officiel pour céder à la pression médiatique. »

Mohammed VI, Le grand malentendu. Dix ans de règne dans l’ombre de Hassan II. Par Ali Amar. Ed. Calmann-Lévy.

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Maroc:  » Le prince qui ne voulait pas être roi  »

5052009

Maroc:

 

L’ancien correspondant à Rabat du quotidien espagnol El-Païs publie une œuvre sur le souverain marocain, dans laquelle il trace le portrait totalement différent de Mohammed VI et affirme que celui-ci ne voulait pas de la royauté et pensait régler le conflit du Sahara occidental par une consultation démocratique (référendum).

Un nouveau livre intitulé « Le prince qui ne voulait pas être roi » est en vente dans les librairies espagnoles. Il a été écrit par Feran Salis, un ancien correspondant du quotidien espagnol El Païs sur la vie du monarque marocain, Mohammed VI. Dans cet ouvrage, l’auteur dresse un portrait complètement différent de ce que l’on connaît du souverain alaouite. Il a entamé le livre par l’entretien que lui avait accordé Mohammed VI en mai 1997, alors qu’il était encore prince héritier, dans le cadre de la stratégie d’Hassan II de mettre son fils déjà sous les feux de la rampe afin qu’il soit connu par l’opinion publique interne et internationale. À ce sujet, le journaliste d’El Païs indiquera ne pas en tirer de fierté, car les questions et les réponses étaient l’œuvre du principal conseiller du palais royal, Azoulay, car le futur roi ne faisait que réciter mécaniquement des phrases à l’évidence bien apprises à l’avance lors de l’interview. Il relèvera néanmoins, que Mohammed VI avait commis une erreur de taille en reconnaissant que le conflit du Sahara occidental ne pouvait être résolu que dans le cadre d’une consultation démocratique, ce qui voulait dire tout simplement un référendum d’autodétermination. Cette réponse a été cependant supprimée de la version finale de l’entretien remise au quotidien El Païs par le conseiller Azoulay, souligne l’écrivain. L’autre passage intéressant de la publication est celui dans lequel il affirme que Mohammed VI ne voulait pas être roi. Ainsi, ce dernier s’écartait des affaires de l’État volontairement et se tenait à l’écart pour éviter d’être impliqué. Mais, il a failli être roi du vivant d’Hassan II, qui avait pensé à introniser son héritier avant de mourir, quand il s’était rendu compte de la gravité de sa maladie. Toutefois, le souverain défunt n’a pas pris de décision sur le sujet, parce qu’il n’avait encore tranché définitivement la question de sa succession, hésitant à confirmer qui allait prendre sa place, du moment que la constitution du Maroc lui laissait le champ libre. Il n’est, en effet, pas spécifié que c’est l’aîné qui devait être automatiquement le prince héritier. La décision n’a été prise que bien plus tard au profit de Mohammed VI, au détriment de son frère Rachid et de son cousin Hicham. L’auteur du livre expliquera à ce sujet qu’au Maroc, “derrière chaque prince se positionnent des castes de la société marocaine et même de la communauté internationale”, pour montrer que chaque prince possède son clan et ses supporters, qui le soutiennent afin qu’il puisse accéder au trône. Enfin, il ne manquera pas de parler des absences fréquentes de Mohammed VI de la vie politique marocaine, et ses nombreux voyages à l’étranger. L’écrivain indiquera que cela irrite la classe politique marocaine et attire l’attention du peuple marocain, notamment les internautes.




Maroc:Rapport accablant des parlementaires européens sur le Sahara occidental

20032009

Maroc:Rapport accablant des parlementaires européens sur le Sahara occidental dans La face cachée 1237591356_1%20sahara

Un rapport sur le Sahara occidental rédigé par Une délégation de parlementaires européens suite à des visites dans la région et rendu public par le journal espagnol « El Pais« . Mardi dernier, la Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental a adopté son rapport. Accablant pour les forces d’occupation marocaines:

Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental

Rapport de M. Ioannis Kasoulides, Président de la Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental, co-signé par M. Carlos Iturgaiz, Président de la Délégation pour les Relations avec les Pays du Maghreb, pour la partie concernant la mission conjointe des deux Délégations à Rabat et à Laâyoune

1. Le mandat de la Délégation

Suite à la répression des manifestations à Laâyoune de mai 2005, la Délégation adhoc pour le Sahara occidental a été mise en place et mandatée par la Conférence des Présidents d’enquêter sur la situation des droits de l’homme dans la région, mandat réitéré par la Conférence des Présidents le 23 octobre 2008.

La Délégation ad-hoc a effectué un premier voyage à Tindouf du 15 au 18 septembre 2006. Son projet de voyage à Rabat et à Laâyoune, en revanche, s’est réalisé seulement les 26 et 27 janvier 2009. Une visite du Président Pöttering au Maroc en mai 2008 a finalement permis de surmonter le différend autour de la composition de la Délégation qui avait bloqué la mission auparavant. Il a ainsi été convenu d’une mission conjointe composée de deux membres de la Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental et de trois membres de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb.

Conformément à son mandat, la Délégation s’abstient de tout jugement concernant la question du statut politique du Sahara occidental. L’objectif de sa mission étant purement humanitaire, elle considère que les droits de l’homme de la population sahraouie méritent un respect sans entraves, et ce indépendamment de la persistance du problème politique. Par le biais d’un dialogue constructif avec les autorités elle entend ainsi aider au mieux la population sahraouie et à améliorer le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la région.

2. Statut du Sahara occidental

Le Sahara occidental est inscrit depuis 1963 sur la liste onusienne des territoires non autonomes qui restent à décoloniser. Conformément au droit international, le statut de territoire non autonome ne cesse que par l’exercice du droit à l’autodétermination. La situation des droits de l’homme des Sahraouis est intrinsèquement liée à l’impossibilité, jusqu’à ce jour, de résoudre cette question de l’exercice de l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.

Depuis la création de la Délégation ad hoc en 2005, la question du Sahara occidental s’est vu insuffler une certaine dynamique. Le 11 avril 2007, le Maroc a soumis au Conseil de Sécurité des Nations-unies une proposition d’autonomie sous souveraineté marocaine. Le 10 avril 2007, le Front Polisario, avait transmis sa proposition précisant qu’une autonomie ne pourrait être acceptée que par voie référendaire et proposant de négocier des garanties politiques, économiques et sécuritaires pour populations marocaines résidant au Sahara occidental au cas où le référendum d’autodétermination déboucherait sur l’indépendance. Dans sa résolution 1754 du 30 avril 2007, le Conseil de Sécurité prend acte des propositions du Maroc et du Front Polisario qui ont constitué la base de quatre rounds de négociations à Manhasset (USA) sous l’égide de l’ONU et en présence de représentants mauritaniens et algériens. Dans ses résolutions 1783 du 31 octobre 2007 et 1813 du 30 avril 2008, il encourage les parties à poursuivre résolument leurs négociations.

3. Visite à Tindouf

Une composante de la délégation ad hoc pour le Sahara occidental s’est rendue à Alger ainsi qu’à Tindouf à la mi-septembre 2006, ce qui lui a permis de visiter, sur le sol Algérien, les camps sous contrôle du Front Polisario, lequel s’est montré d’une extrême disponibilité: des rencontres ont en effet eu lieu avec le Président de la RASD, M. Abdelaziz, M. Abdelkader Taleb Omar, Premier Ministre, M. Salek Baba Hasna, Ministre de la Coopération, le Président du Croissant-Rouge Sahraoui, M. Bulubeini Yahia et les diverses composantes de la vie associative et de la société civile, très présente dans les camps (notamment les associations Equité et Justice ainsi qu’ Afapredesa). En revanche, les autorités algériennes n’ont pas donné suite aux demandes de réunions avec la Délégation lors de son séjour à Alger; cette journée a toutefois été mise à profit par l’organisation d’un échange de vues approfondi avec les principaux acteurs de la communauté internationale impliqués d’un point de vue humanitaire dans le conflit sahraoui (Haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations-unies, Programme Alimentaire Mondial et les services opérationnels relevant d’ECHO).

L’assistance internationale a en effet débuté, envers les quatre camps de Tindouf, en 1976, à l’arrivée des premiers réfugiés. Ce n’est que relativement récemment, depuis 2005, que le HCR a étendu ses activités à la protection des réfugiés et est devenu, graduellement, également impliqué dans le développement de mesures propres à rétablir la confiance entre les parties, telles que préconisées par les Nations-unies.
C’est ainsi que le HCR se charge de la promotion des contacts entre les familles sahraouies séparées entre les territoires sous administration marocaine et les camps de Tindouf: des lignes téléphoniques directes ont donc été établies, quoique en quantité insuffisante. Les années récentes ont également vu l’organisation de séminaires sur des sujets non controversés (environnement, folklore…).


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Maroc: Les échecs diplomatiques du makhzen

16112008

Maroc: Les échecs diplomatiques du makhzen  dans La face cachée 1226836164_item 

La militante sahraouie Aminetou Haidar reçoit le prix de la Fondation Robert F. Kennedy

New York, 13 nov 2008 (APS) – La militante sahraouie des droits de l’homme, Mme Aminetou Ali Ahmed Haidar, a reçu jeudi à New York, le prix de la Fondation Robert F. Kennedy Mémorial.La directrice juridique de cette organisation américaine, Mme Marselha Goncalves Margerin, a souligné avoir décerné ce prix à Aminetou Haidar, parmi les 120 candidats du monde entier, « pour faire connaître la cause sahraouie aux Etats-Unis ». A son actif, on retient également le « prix spécial de Castellfelds » 2008 (Barcelone), et toujours en Espagne, le prix « Juan Maria Banderas » obtenu en mai 2006, tout comme celui du « Club des 25″.La même année, la militante sahraouie recevait le prix « Freedom awards 2006″, décerné par la fondation américaine « Defense forum foundation ». Mme Haidar a déjà obtenu plusieurs autres distinctions dont le prix « Silver Rose 2007″, décerné chaque année par l’organisation internationale « Solidar » pour récompenser les actions exceptionnelles d’individus et d’organisations qui se battent pour la justice sociale.

Née au Sahara occidental en 1967, cette militante des droits de l’homme qui a eu un rôle clé dans plusieurs campagnes organisées pour libérer des prisonniers politiques sahraouis en lutte pacifique pour leur droit à l’autodétermination, a été arrêtée, emprisonnée, torturée à plusieurs reprises par les forces marocaines occupant son pays.
En 1987  ,elle a été arrêtée et détenue sans motif et sans jugement dans plusieurs centres de détention, avant d’être libérée en

1991.


En tournée dans de nombreux pays, elle avait alerté l’opinion publique et politique internationale, ainsi que les médias, de la situation « préoccupante » de son pays face à l’occupation coloniale marocaine.
Elle avait également évoqué l’Intifada pacifique de son peuple, la qualifiant d’ »expression de la détermination d’un peuple qui ne supporte plus le joug colonial ».Malgré « le cordon répressif installé par les autorités marocaines » depuis l’occupation du Sahara Occidental en 1975, l’ »action des défenseurs sahraouis des droits de l’homme a réussi à briser le mur du silence, en dévoilant au monde les graves atteintes aux droits humains », a-t-elle souligné lors d’une tournée en France décrivant « le vent de révolte » lorsque le 21 mai 2005 à El Aaiun, l’ »Intifada s’est déclenchée suite au transfert d’un prisonnier sahraoui à Agadir ».Ce prisonnier « avait rejeté la nationalité marocaine qu’on nous impose, et rejeté sa carte d’identité », a-t-elle précisé.

« La réponse policière marocaine fut encore plus violente. Aux forces de police se sont joints les Groupes urbains de sécurité (GUS), véritables escadrons de la mort ainsi que d’autres corps de répression », a-t-elle témoigné.

Les forces de répression marocaines ont saccagé des dizaines de maisons de citoyens sahraouis. Ce soulèvement s’est étendu rapidement au sud du Maroc, où vit une population sahraouie importante, ainsi que dans les centres universitaires où étudient des jeunes sahraouis, eux aussi violemment réprimés, a-t-elle affirmé, dans différents forums tenus en région parisienne.

« La parole, trente ans confisquée, s’est libérée, a souligné Mme Aminetou Haidar qui « garde beaucoup d’espoir que la lutte du peuple sahraoui se poursuive pour l’organisation d’un référendum qui mette fin à cette souffrance ».
Très écoutée lors de différents forums consacrés à la cause sahraouie, Mme Haidar, a longuement décrit « le lot de souffrances, de répression, de brimades que subit quotidiennement le peuple sahraoui » et exposé des photographies-témoignages sur « les horreurs commises par les forces de répression marocaines ».

Elle a également dénoncé « le mur de la honte » de 2.700 kilomètres érigé par les forces marocaine et qui, parsemé de 3 millions de mines antipersonnel, « sépare les familles sahraouies, qui de ce fait, vivent ainsi un drame psychologique » et signalé l’ »accélération depuis 3 ans de la politique de colonie de peuplement » appliquée au Sahara Occidental.

La militante sahraouie a également évoqué « les fosses communes, le napalm, le phosphate blanc dont ont usé les autorités marocaines pour réprimer toute velléité de résistance à l’occupation ».

« Malgré tout cela, le peuple sahraoui reste toujours attaché à l’exercice de son droit à l’autodétermination », a-t-elle constamment fait valoir, rappelant que « ce droit, est la seule condition pour que tout cela cesse définitivement. (SPS)

http://www.dailymotion.com/video/k40NxUefpddE8OQhVo

Un manipulateur makhzenien chauffe  la  salle

http://www.dailymotion.com/video/k6ctssmu1t7gRms2Ii

La face cachée de  la makhzenocratie marocaine




Maroc :Quand le Barça mène en prison…

26102008

Maroc :Quand le Barça mène en prison… dans La face cachée 1225052243_yassin

Yassin Belassal

en prison car fan du Barça…

 

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Le régime marocain et sa liberté d’expression toute relative ne sort pas grandi de cette terrible affaire. Depuis le 29 septembre, un lycéen de 18 ans connaît les affres de la prison et ce pour les 18 prochains mois. Son crime ? Avoir détourné la devise du pays maghrébin (Dieu, Patrie et Roi) pour la transformer en hommage au FC Barcelone (Dieu, Patrie et Barça) sur un tableau de salle de classe. Dénoncé par la direction du lycée, Yassin Belassal s’est vu inculpé d’outrage au Roi avant d’être incarcéré… Affligeant !

Apprécier le FC Barcelone peut causer de graves problèmes. Depuis le 29 septembre, Yassin Belassal est en prison. Ce lycéen marocain de 18 ans a eu le malheur d’étaler un peu trop son amour pour le club catalan, voyant l’enfer s’ouvrir sous ses pieds pour une simple blague.

Allah, Al Watan, Barça

Le jeune homme a transformé la devise nationale « Allah, Al Watan, Al Malik », à savoir « Dieu, Patrie et Roi », en « Allah, Al Watan, Barça » qui signifie, vous l’aurez compris, « Dieu, Patrie et Barça », inscrivant ce détournement à la craie sur un tableau de la salle de classe d’un lycée d’Aït Ourir, dans la région de Marrakech. Mais voilà, au Maroc, cela ne se fait pas et le message inoffensif de Yassin Belassal s’est transformé en cauchemar pour son auteur. Dénoncé par la direction de l’établissement, le fan du Barça a vu la gendarmerie débouler puis procéder à son arrestation le 20 septembre dernier, au motif d’outrage au Roi, Mohamed VI.

La spirale infernale est en marche pour Yassin Belassal. Le journal espagnol El Pais indique même que le jeune Maghrébin a eu droit à un semblant de procès, ne pouvant même pas faire appel à un avocat pour se défendre face à une justice loin d’être clémente. Preuve en est puisque le 29 septembre, le jeune homme a été condamné à 18 mois d’incarcération. Un an et demi d’emprisonnement que Yassin a déjà commencé à purger dans la prison de Boulmharez, trouvant place dans une cellule pleine à craquer, surpeuplée par les 80 personnes s’y trouvant déjà, à en croire la famille du Marocain, interrogé par le quotidien catalan El Periodico.

Liberté pour Yassin !

Dans un pays où la liberté d’expression est quelque peu mise à mal, où les rares parutions osant critiquer le pouvoir en place sont sujettes à censures et autres saisies, où les « dissidents » finissent dans les geôles royales pour avoir simplement émis critiques et doutes, la connivence entre la monarchie et les médias est très forte et rares sont les journaux à oser prendre position contre Mohamed VI et ses hommes. Récemment, le blogueur Mohamed Erraji avait été condamné à deux ans d’emprisonnement pour avoir critiqué la politique économique menée par le Roi et Fouad Mourtada avait écopé de trois ans de prison pour avoir créé un faux profil du Prince Moulay Rachid sur Facebook.

Dans ce contexte, Internet aura été le seul outil à relayer la triste information. Au-delà de l’Atlas et de Rabat, la nouvelle a suscité une vive émotion en Espagne et bien évidemment à Barcelone. De nombreux supporters blaugranas ont déjà monté des groupes de soutien, utilisant la visibilité qu’offre Facebook pour appeler à la libération de Yassin (« Salvem Iassín Belassal » soit Sauvons Yassin Belassal ou encore « SOLIDARITAT Yassin Belassal SEGUIDOR CULÉ » soit Solidarité avec Yassin Belassal, supporter du Barça). Le site lesdessousdusport.fr indique même qu’un blog de supporters barcelonais propose que Yassin Belassal soit fait membre honorifique du club catalan.

De son côté, le FC Barcelone et son président, Joan Laporta, n’ont pas encore réagi. Pourtant, le soutien de l’exécutif barcelonais ne serait pas de trop pour sortir Yassin Belassal de prison. Citoyens de France et de Navarre, mobilisons-nous pour libérer Yassin !

Ici

La justice marocaine libère un conducteur qui tué un homme en conduisant en état d’ivresse car le père est wali et incarcère un jeune sans recours !

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Ici

Ces procès à la chaine pour outrage et manquement au respect dû  makhzen deviennent lassants.

L’appareil judiciaire marocain a besoin d’une remise à niveau. Un peu de formation continue ne leur fera pas de mal.

Il faut repenser tout le système du makhzen marocain.

Autrement dit, il faut repenser le pays tout entier.

Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme
Déclaration internationale des droits de l’homme, adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU à Paris, le 10 décembre 1948.

Le Maroc est signataire de cette déclaration. Mais, selon toute vraissemblance, il ne s’en rappelle pas ou bien il s’est assis dessus!

Rappel:L’existence même du makhzen est bâtit sur la négation de ce principe




Maroc:Liberté provisoire pour le blogueur marocain Mohamed Erraji

11092008

Le blogueur Mohamed Erraji, condamné en première instance à deux ans de prison ferme pour avoir critiqué le roi, a bénéficié jeudi de la liberté provisoire, a indiqué à l’AFP Amina Bouayache, présidente de l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH, indépendante). 

Le procès en appel, qui a commencé jeudi à Agadir (sud), a été ajourné au 18 septembre. « Dans l’attente de la suite du procès, la cour a fait bénéficier Mohamed Erraji de la liberté provisoire », a ajouté Mme Bouayach.

Les avocats ont déployé tous leurs efforts pour obtenir la liberté provisoire pour M. Erraji, a-t-elle affirmé.

Contacté par par l’AFP, un des avocats de M. Erraji, Me Ahmed Barchil, a confirmé l’information, se félicitant de la décision du tribunal.

« La justice a fait rentrer les choses dans la normale, et la vitesse avec laquelle elle a accordé la liberté provisoire à mon client montre qu’elle s’est rendue compte que le jugement de première instance n’était pas correct », a-t-il ajouté.

M. Erraji a été condamné lundi par un tribunal de première instance d’Agadir à deux ans de prison ferme et à 5.000 dirhams d’amende pour avoir diffusé sur le blog « hespress.com » un article où il critique, selon l’accusation, le roi Mohammed VI. Il a décidé d’interjeter appel.

Dans l’article, M. Erraji affirme que « le roi encourage son peuple à +al-Ittikal+ » – un mot arabe qui signifie à la fois attentisme, paresse ou assistanat. Le blogueur fait allusion, en citant des informations de presse, à la distribution de faveurs royales, notamment des licences de transport, aux citoyens qui arrivent à approcher le monarque.

Le monde

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Maroc:Le Congrès Mondial Amazigh écrit à l’ONU à propos des arrestation de Sidi Ifni

15062008

Le Congrès mondial Amazigh écrit a l’ONU a propos des arrestations des Imazighen a Sidi Ifni (maroc)Paris, le 7 juillet 2006
A l’attention de Mmes/Mrs les Rapporteurs spéciaux des Nations Unies concernant,- la détention arbitraire

- la protection et la promotion du droit à la liberté d’opinion et d’expression

- la situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales des peuples autochtones

Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme

8-14, Avenue de la Paix

1211 Genève, Suisse

Mmes, Mrs les Rapporteurs spéciaux

A l’occasion de la commémoration du 37ème anniversaire de la libération de la région des Ait-Baamran dans le sud du Maroc, les habitants de cette région amazighophone, ont organisé une marche qui a rassemblé environ 5000 personnes, le 4 juillet 2006 dans la localité de Ifni.

Au cours de cette manifestation pacifique, les habitants ont exprimé de nouveau leurs protestations contre la situation de marginalisation socioéconomique de leur région et ont dénoncé les promesses non tenues par les représentants de l’Etat ainsi que les intimidations et les harcèlements administratifs et policiers exercés à l’encontre de la population.

Les Ait-Baamran ont également renouvelé à cette occasion leurs revendications portant notamment sur un redécoupage administratif plus cohérent, la création d’emplois, la réalisation des infrastructures de base devant permettre le désenclavement de la région et l’amélioration de l’accès aux services de santé.Rappelons qu’en mai et août 2005, la population de cette région avait déjà présenté de façon similaire, les mêmes doléances à l’Etat marocain, qui a choisi comme réponse, on s’en souvient, la répression.

Depuis, un secrétariat local a été désigné par la population afin d’assurer la coordination et le suivi de ce dossier.A l’issue de la manifestation du 4 juillet dernier, au lieu d’inviter les membres du secrétariat local au dialogue, les autorités locales ont encore une fois opté pour la méthode de la force en tenant des propos vexatoires à l’égard de la population et en procédant à l’arrestation de 18 personnes, dont plusieurs membres du secrétariat local (voir liste ci-dessous).

Après leur présentation le lendemain devant le juge d’instruction de Tiznit, ils ont été libérés.Ainsi, de manière arrogante et bornée, les autorités marocaines choisissent d’ignorer les revendications justes et légitimes des Ait-Baamran, tout en leur opposant la violence et la peur.

Le CMA rappelle aux autorités marocaines que le mépris et la répression sont à la fois contraire aux principes et valeurs défendus par toutes les conventions internationales auxquelles le Maroc a adhéré et constituent le meilleur moyen de provoquer et d’entretenir la révolte des citoyens.

Il est donc urgent de changer radicalement de méthode en optant pour l’écoute et la satisfaction effective des besoins exprimés par la population des Ait-Baamran.Parallèlement, le CMA lance un appel aux Rapporteurs spéciaux des Nations Unies concernés afin d’exiger des autorités marocaines la cessation immédiate de l’usage des méthodes répressives et le respect des droits et des libertés fondamentales de la population des Ait-Baamran.

Par ailleurs, le CMA invite les Rapporteurs spéciaux des Nations Unies à une visite de terrain afin de constater de visu, les discriminations et l’exclusion politique, économique, sociale, culturelle et linguistique que subissent les Ait-Baamran et les populations amazighes du Maroc en général.

P/Le Bureau du CMA

Belkacem Lounes

Président

Le malaise de Sidi Ifni remonte à bien longtemps




Maroc:Le sale procès de Marrakech

5062008

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La cour d’appel de Marrakech a décidé le lundi 2 juin 2008 de reporter le procès de Mr. Ennaâma ASFARI, défenseur sahraoui des droits humains, co-président du CORELSO (Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara Occidental), au 16 Juin 2008. Mr Asfari, est accusé de conduite en état d’ivresse, violence, sabotage de biens publics et détention illégale d’une arme (blanche). Il à été condamné en premier degrés par le tribunal de première instance de Marrakech le lundi 28 avril 2008 à deux mois de prison ferme et une amende de trois milles de dirhams (3.000.00).

Arrêté le 13 avril 2008 à Marrakech. Après divers lieux de détentions où il a subi des mauvais traitements, il a été présenté au procureur le 15 avril et détenu depuis le 17 avril 2008 à la prison « Boulemharez » de Marrakech. Mr. ASFARI, lors du procès en première instance, a précisé l’aspect politique de son jugement et a réfuté les accusations de la cour comme il a maintenu qu’il a été détenu sur la base de ses positions politiques en relation avec le conflit du Sahara Occidental.

Amnesty International confirme qu’Asfari a été arrêté par les forces de sécurité le 13 avril, qu’il a eu les yeux bandés et a été emmené en un lieu inconnu, où il a été menotté, attaché à un arbre et sévèrement battu lors de son interrogatoire sur ses relations avec des activistes étudiants sarahouis.

Une délégation de l’ACAT « association Chrétiens contre la Torture » ainsi que l’épouse de nationalité française de Asfari rendus au Maroc pour assister à la première audience du procès  fin avril ont été arrêtés, interrogés puis expulsés au motif de « menace pour la sécurité nationale« .

Amnesty International dans un communiqué publié le 25 avril. A considéré que  » Les charges retenues contre lui peuvent avoir des motifs politiques et que son arrestation pourrait viser à l’empêcher de poursuivre ses activités en tant que défenseur des Droits de l’Homme et son engagement en faveur du droit à l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental« 

L’Organisation marocaine des droits humains (OMDH) a rendu public, le 28 mai 2008, un Communiqué relatif à la mission de la commission d’observation du procès de M. EnnaâmaAsfari dans lequel elle conclue que « Les faits tels que consignés dans le dossier présenté au tribunal restent des faits relevant du délit de droit commun. L’examen dudit dossier et le suivi des audiences du procès n’ont laissé apparaître aucun lien entre le dossier judiciaire relevant du droit commun et les allégations de Mr. Asfari. »

De leur coté les observateurs indépendant présent au procès ont déclaré dans un communiqué daté du 1er juin 2008 « s’élever en faux contre l’ensemble des assertions qui sont contenues dans le communiqué de l’OMDH relatif aux poursuites engagées contre Ennaâma Asfari ». Ils ont  réitéré « leur préoccupation face à la multiplication des poursuites contre les militants sahraouis sous des imputations de droit commun, dont le procès fait à Ennaâma Asfari constitue l’apogée, considérant que les poursuites engagées contre lui ne reposent sur aucun élément sérieux, sont en lien direct avec son engagement dans la lutte du peuple sahraoui pour son droit à l’autodétermination, et n’ont d’autre objet que de tenter de porter atteinte à son image et d’entraver la poursuite de sa lutte »

Le procès de Marrakech, peut se révéler n’être que « la voix de son maître » d’une justice et d’une organisation de droit de l’homme « locale » confrontés à leurs incapacités de se mettre au niveau des critères et des principe internationaux portant si explicite et si claire que personne ne peut douter qu’ils les ignorait ou qu’il se sont trompé d’interprétation comme ils l’ont fait avec leurs propres règles de droit dans ce procès. Ce n’est plus question de la justice d’un procès ou de la véracité d’un communique, mais le problème relève plutôt  de la justice et des institutions eux même et de leur capacité de s’acquitter de leurs missions dans le respect de règles et de normes que personne ne pourra plus contester. C’est ce qui fait de lui un sale procès.

Sce : Ici




Hassan Id Balkkasm : Il y a un vrai problème amazigh au Maroc

28052008

Interview de Hassan Id Balkkasm, membre de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones

f31f426b62edd493f8e43449012cabea.jpgFin avril, le Parti démocrate amazigh marocain (PDAM) est dissout par ordre de la justice marocaine. Une décision très mal prise par nombre d’associations de défense des droits des Amazighs qui ne cessent de pointer du doigt l’Etat marocain pour ses manquements envers la communauté berbère du pays. Hassan Id Balkassm, membre permanent des Nations Unies sur les questions autochtones (UNPFII) et avocat marocain, a défendu le PDAM et parle d’un « vrai problème amazigh au Maroc » même si les progrès commencent à faire leur chemin.

La décision de justice fin avril de faire disparaître le Parti démocrate amazigh marocain (PDAM) a relancé la question du statut conféré aux Amazighs (ou Berbères) du Maroc. Hassan Id Balkassm, membre permanent des Nations Unies sur les questions autochtones (UNPFII) et de l’Institut Royal de la Culture Amazigh au Maroc (IRCAM), parle d’un « vrai problème amazigh au Maroc » tout en soulignant les efforts entrepris par son pays depuis 2001. Afrik.com a souhaité avoir son avis d’expert sur la question.

Afrik.com : A combien s’élève le nombre d’Amazighs au Maroc ?

Hassan Id Balkassm : Il n’y a pas vraiment de statistiques qui prennent en compte la composante berbère au Maroc. Mais tout le monde est d’accord pour dire la majorité des Marocains sont Amazighs. Cependant, beaucoup ne parlent plus la langue. Selon un recensement de 2004, seul 28% des Amazighs sont berbèrophones. Les recensements n’intéressent pas le gouvernement.

Pourquoi ?

Chaque Etat-nation indépendant qui se crée veut se doter d’une identité et donc d’une langue, d’une culture, d’une religion et c’est tout. Au Maroc, la religion officielle est l’islam et la langue de l’administration est l’arabe classique. Hors celle-ci n’est parlée que par les élites. Le Maroc, comme beaucoup d’Etats, a copié le modèle jacobin en France qui veut que le français soit la langue officielle. Au détriment des langues régionales comme le corse ou l’occitan.

Le PDAM a été frappé d’interdiction fin avril. Quelle a été votre réaction suite à cette décision de justice ?

Une nouvelle loi-cadre régissant les partis politiques interdit leur constitution « sur une base linguistique, religieuse, culturelle, ethnique ». Une loi qui semble avoir été créée expressément contre le PDAM alors que celui-ci n’adoptait aucune position raciste : il était ouvert à tous les Marocains. J’ai été l’un des avocats de la défense du PDAM car je considère que le droit de participer à la vie politique ne peut être séparé du droit à participer à la vie culturelle. Les militants amazighs veulent intégrer la vie politique. Ils ne participent pas assez à l’exercice du pouvoir. Si rien ne change, ils vont rester comme ils sont aujourd’hui.

De quoi aurait peur le pouvoir marocain ?

Le gouvernement actuel considère qu’une organisation politique des Amazighs peut devenir une grande force et influencer les autres partis. Hormis l’interdiction du PDAM, la loi-cadre n’a strictement rien changé sur le statut des partis car la majorité de ceux qui existent ont des bases linguistiques, culturelles et religieuses dans leurs statuts. Le ministère de l’Intérieur présente des requêtes : qu’il le fasse. Mais qu’il aille jusqu’au bout…

Peut-on parler d’un problème amazigh au Maroc ?

Bien sûr. La discrimination est toujours là. Actuellement, plusieurs procès sont en cours contre une quarantaine de militants amazighs arrêtés en janvier dernier. La plupart d’entre eux ont été relâchés mais certains ont eu des peines de prison qui vont de un à six ans. Et la Constitution ne reconnaît toujours pas la langue et la culture amazigh. Certes, des programmes d’intégration de la langue existent au niveau de l’enseignement primaire mais elles ne marchent pas bien. Il n’y a pas assez de moyens pour former les enseignants. Certains le sont par l’IRCAM pendant une quinzaine de jours. Pas assez ! Il y a une volonté d’introduire la langue dans les discours officiels du roi, mais il n’y a pas assez d’intégration.

De nombreuses associations critiquent l’IRCAM, crée par décision du roi, pour son manque d’indépendance. Etant membre de l’IRCAM, considérez-vous l’institut comme obsolète ?

Non, c’est un acquis pour le monde amazigh car elle s’engage dans la standardisation, la formalisation et la promotion de la langue. Des programmes de formation commencent à se mettre en place doucement mais sûrement. Mais l’institution seule n’est pas suffisante pour faire le travail de l’ensemble et notamment du ministère de l’Education nationale. L’IRCAM a par exemple préparé les manuels scolaires mais le ministère n’a pas suivi.

Est-ce une question de moyens ou de volonté politique ?

Les deux. La raison officielle est qu’il n’y a pas de moyens financiers non seulement pour l’amazigh mais aussi pour l’ensemble de l’Education nationale. Je n’exclus pas qu’il y ait une raison officieuse. L’IRCAM travaille sur la base de la loi et du discours du roi. Mais le problème concerne la politique d’assimilation en vigueur dans les institutions qui ne veulent pas promouvoir la langue et la culture amazigh. C’est le cas notamment du ministère de l’Intérieur et de manière général du gouvernement actuellement dominé par l’Istiqlal.

La situation des Amazighs va-t-elle en se dégradant ?

Ceux qui disent que rien n’a changé sur le long terme ont tout faux. Si on compare la situation d’aujourd’hui et celle qui prévalait avant 2001 (date de création de l’IRCAM, ndlr), il y a eu de grands progrès faits au Maroc. Il est le premier pays à changer la situation de la langue amazigh et son statut a vraiment progressé. Les Amazighs sont aujourd’hui plus fiers qu’hier d’afficher leur identité. Cependant, il reste encore beaucoup à faire comme leur reconnaître des droits politiques.

En se dotant d’un Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA) et en reconnaissant l’amazigh comme langue nationale dans la Constitution, l’Algérie est t-elle mieux placée que le Maroc ? Et quelle situation dressez-vous des Berbères en Afrique du Nord ?

L’Algérie est sur la bonne voie… Mais si on compare l’IRCAM au HCA, l’IRCAM a plus de moyens et de chercheurs. La confusion règne encore en Algérie au sein du HCA. Par exemple, la graphie de l’amazigh est le tifinagh que l’IRCAM a choisi. En revanche, trois graphies sont en vigueur (caractère latin, arabe et tifinagh) en Algérie et les autorités n’ont toujours pas pris de décision à ce sujet. Concernant la Tunisie et l’Egypte, ils ne s’intéressent pas à eux et la Libye a simplement déclaré que ceux qui s’identifient à l’identité amazigh sont des agents d’Israël.

Peut-on parler d’une unité berbère en Afrique ?

Cela relève de l’utopie de certains militants amazighs comme ceux de Tamazgha qui rêvent comme les militants pour un Maghreb arabe. Il n’y a ni coordination entre Amazighs ni stratégie politique. En revanche, l’autonomie et le fédéralisme sont la clé de l’avenir en Afrique du Nord mais ne sont pas faciles à réaliser. Mais le fédéralisme va de pair avec la démocratie.

Comment la question des Amazighs est portée sur la scène internationale ?

Les Nations Unies ont récemment adopté la déclaration des Nations Unies sur le droit des peuples autochtones. Elle est très importante car elle traite la question de l’autonomie et le droit à l’autodétermination pour les peuples du monde entier. Des recommandations ont même été préparées. Etant non contraignantes, à charge aux Etats de les appliquer ou non.

Sce:Ici

Pour plus d’informations :

- Le site de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones

- Le site de l’Institut Royal de la Culture Amazigh au Maroc (IRCAM)







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