Maroc:Haj Thami L´Glaoui

19 08 2007

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Haj Thami L´Glaoui appartient au clan familial des Glaoui qui sont une « Dynastie » de caids qui a « régné » sur une partie plus ou moins étendue du sud du Maroc probablement depuis le début du XVIIIè siècle jusqu’en 1956.

La famille Glaoui construit sa réputation grâce au contrôle mafieux qu’elle exerçait sur la route qui lie Taroudant à Marrakech. Plusierurs tristement célébres « caïds » sont issus de cette famille. Le traître pacha de Marrakech, Thami Glaoui, s’illustre sous la colonisation par le soutien qu’il apporte à l´occupation étrangére de son pays. Il s’opposa à la résistance nationalistes et se ralia franchement aux occupants.

Madani Glaoui a été grand vizir (premier ministre) de Moulay Hafid depuis l’intronisation de celui-ci (dont Madani fut le principal artisan) en 1908 jusqu’à 1911.

Son cadet Thami – le père biologique de Hassan II – fut pacha de Marrakech (sorte de gouverneur sous l´autorité des occupants pour la moitié sud du Maroc) de 1912 jusqu’à l’ »indépendance ».

L’origine des Glaoui reste obscure; ils se sont même usurpé – comme les « alaouites » après coup, une ascendance « cherifienne »!

Thèse crédible : Fuyant les famines de l´AfriqueNoire l’ancêtre des Glaouis – comme celle de Ba Ahmed – se serait placé sous la protection d’un marabout local, aurait épousé la fille de ce dernier et hérité, à sa mort de sa « baraka » de la Zaouia et des biens affectés à son entretien notamment des salines sur l’oued Mellah. L’agurram (santon) devient ensuite amghar « Cheikh » (chef séculier désigné par ses contribules pour les representer auprès du Makhzen) et fait entériner sa position par Moulay Ismael qui le nomme à la tête des Glaoua (tribu du versant sud de l’Atlas) où il établit un souk (Khemis de Telouet) et un caravansérail. Il contrôle alors le passage des caravanes venant du Tafilalt et du Sahara (qui lui versent un droit de passage) et perçoit des taxes sur tous les produits vendus au souk et les revenus du caravanserail. En 1856 le commandement de ses successeurs est augmenté par Moulay Abderrahmane d’une tribu du versant nord de l’Atlas où il établit un second souk (El Had Zraqten, non loin de Telouet).

L’omnipotent Pacha El Glaoui Il a été bourreau des rebelles de l’Atlas, collaborateur de la France coloniale, ennemi juré des nationalistes et suppôt du sultan Fantoche Ben Arafa. Pure produit du système alaouite, il était tout cela à la fois dans le Makhzen à l’époque, mais comment y est-il parvenu ?

Les Glaoua, puissants guerriers – et comme les alaouites – bandits de grand chemin du Haouz, chefs de tribus Imzwarn, obtiennent de la France – avant même l’occupation – le statut de protégés. Après la destitution du sultan Abdelaziz, le caïd Madani El Glaoui (41 ans) est promu grand vizir, et son frère cadet Thami (28 ans) pacha de Marrakech.

Durant les premières années de la colonisation, le jeune Thami El Glaoui passe, aux yeux de Lyautey, pour le « pacificateur » des tribus rebelles du Sud. Il est le « dompteur » de dissidents comme El Hiba et l’auteur des campagnes décisives qui lui ont valu une série de médailles françaises qu’il arbore avec fierté et des dotations d’armes considérables. En 1918, alors que son frère meurt, Lyautey le nomme « chef de la famille », le réinstalle pacha de Marrakech et l’introduit auprès de personnalités françaises influentes, dont Philippe Pétain et Marcel Boussac. El Glaoui règne alors sur le Haouz. Telouet (jusqu’à Ouarzazate), est tenu par son neveu, le caïd Hammou. Après la mort de Hammou, en 1934, il y place son fils aîné, Brahim, né (justement) de sa concubine turque, Lalla Kamar Torkia. Entre temps, il sait se rendre utile, aux occupants, jusqu’au Rif, dépêchant en 1926 plus de 1000 soldats en expédition pour évincer Abdelkrim. Une année auparavant, rapporte Gavin Maxwell, il dira à Lyautey qui repart, « peu importe qui vous succédera, vous resterez toujours mon maître ». Il lui est reconnaissant, explique l’historien marocain, Kenbib, de « faire appel à lui pour faciliter la mise en place du protectorat et par là même conforter les structures traditionnelles du Makhzen » alaouite. Du statut de protégé des occupants, il devient – comme tout le makhzen alaouite – l’un des piliers de l’occupation coloniale.

Le butin de guerre d’El Glaoui provenant de ses pillages pendant ses attaques de »pacification » coloniales contre les tribus rebelles devient considérable. Le Glaoui devient alors un gros propriétaire terrien, avec le legs de dahirs (des lois) sultaniens et la bénédiction des occupants reconnaissant.

En véritable mafioso – bien avant qu’il devienne pacha, « personne ne pouvait vendre ses olives avant lui », rapporte Paul Pascon. Avec l’autorité sur la région et sur les terres Guich, il a multiplié les stratagèmes pour étendre son territoire : 5300 ha cédés par l’État à titre quasi gracieux, 5000 ha « extorqués » à son bras droit El Biaz à sa mort, des impôts dont il retenait une part régulière, des droits d’eau obtenus sans contre-partie, etc. Au bout du compte, rapporte Pascon, en 1929, son salaire ne représentait que 2% de ses revenus. « Il a monté son train de vie en tablant sur la permanence des revenus que lui rapporte l’exploitation intensive des tribus », note à l’époque le commandant Orthlieb. Le Glaoui devient actionnaire principal dans l’Omnium Nord Africain (ancêtre de l’ONA royale), mais aussi à la CTM. Dans le faste d’antan, raconte Mehdi Bennouna (fondateur de la MAP, cité par El Glaoui fils), « mon père a compté, à table, 17 plats pour chaque invité ». A l’époque, le sultan alaouite se contente d’apposer son sceau et signature sur les décisions des occupants, et le Pacha passe, au mieux, en ajoutant à sa signature: « le seigneur de l’Atlas » et, au pire, pour « le prédateur du Sud ».

El Glaoui aurait pu ne pas connaître une telle ascension si le caïd Mohamed Boucetta, son unique rival pour le pachalik de Marrakech, réputé plutôt vertueux, n’avait pas été assassiné en janvier 1920 par des hommes de main de Glaoui.

El Glaoui a également une identité de « grand bordelier » (expression de Charles André Julien et Jean Lacouture). Le titre, il le doit au quartier de maisons closes de Bab El Khemis à Marrakech qui contenait plus d’un millier de prostituées, dont il prélevait 25% des entrées. Pragmatique jusqu’au bout, le Glaoui.

Le fait que son beau père et grand vizir, El Mokri, lui ait signifié, lui « le serviteur du Makhzen », qu’il n’était plus le bienvenu au Palais l’aurait mis (subitement) en rogne. Enfin, le fait que le maréchal Juin l’ait « remonté contre le roi qui joue l’Istiqlal contre les serviteurs classiques du Makhzen » l’aurait convaincu de la nécessité de comploter contre lui (comme le fit son frère, Madani, contre le sultan Moulay Abdelaziz).

Outre ses actions dans le groupe de la presse de l’occupation Mass, le Glaoui entretenait moult journalistes étrangers à sa solde. Lorsqu’en 1932, Gustave Babin signe un brulôt qui le démasque, intitulé « Son excellence », il envoie un plaidoyer autant au sultan qu’au résident général pour s’en dédouaner.

El Glaoui se prend même pour le prince à la place du prince. Profitant de sa relation privilégiée avec Winston Churchill, il tente d’envoyer à la reine d’Angleterre un cadeau en émeraudes à l’occasion de son mariage en 1952, mais on lui fait savoir qu’il n’était pas un chef d’État. L’épisode, commente Kenbib, montre « la maladresse du pacha une fois sorti du pays ». Mais elle montre aussi la mobilité et la notoriété surdimensionnée du personnage. Lucide mais aussi rongé par un cancer de plus en plus déclaré, il comprend tardivement que la soumission inconditionnée au couple Juin-Guillaume, a été la mauvaise carte à jouer. Le résident général Grandval l’ignorant, Mendès France refusant de le recevoir, les libéraux (pour l’indépendance et le retour du roi) ayant de plus en plus d’appuis à Paris, El Glaoui devient en octobre 1955 « un anachronisme ».

26 octobre 1955. Les traîtres marionnettes du Makhzen se retrouvent et se réconcilient ! Rabat. El Glaoui se fait petit devant le conseil de régence. Quinze jours plus tard, il se prosterne devant le sultan revenu au château St Germain-en-Laye. Alors que le alem dissident, Kettani, n’est pas reçu, le pacha traître est absout. Il meurt peu après, comme si « sa vie s’est confondue avec celle du protectorat », commente judicieusement Kenbib.

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6 réponses à “Maroc:Haj Thami L´Glaoui”

  1. 13 09 2007
    ucef (09:42:35) :

    bonjour

    le lien « cliquez ici » pour en savoir plus (article sur les glouis) est mort

    vous indiquez que le glaoui serait le pere biologique d’hassan 2 : il aurait donc niquez la femme de mohammed V ???

    enfin, ce texte que vous mettez en ligne : ou l’avez vous pris (quel auteur, quel livre svp)

    Répondre

  2. 28 06 2008
    el must (12:43:18) :

    Et l’histoire se repète. Nos ancêtres ont été opprimés par des assassins, « zraoutia », voleurs attitrés, et on essaie de trouver des justifications à leurs gestes C’est dégoutant Il faut dire la vérité sur tous les personnages publics historiques pour tirer les enseignements necessaires et éviter de répeter les mêmes bétises – ce qu »on est vraiment entrain de faire – Il suffit de voir les noms de nos responsables, de nos élus, et de ceux qui tiennent les rennes pour voir que rien n’a changé Pauvres de nous. Salut

    Répondre

  3. 13 07 2009
    DIEGO SMG (18:19:51) :

    Je connais bien le sujet, et par conséquent j’aimerai faire savoir aux lecteurs de cet article qu’il ne s’agit ici que d’ une vulgaire interprétation de qui était réellement le Glaoui…

    Diego

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  4. 21 08 2011
    TASSMI (15:05:49) :

    Bonjour

    Il faudra traiter de la même manière comment l’Istiqlal à confisqué l’indépendance du Maroc des vrais militants Abdelkrim El Khtabi, Moha Ohmou Zayani, les militants de Bougafer et du haut Atlas pour partager le gâteau laisser par les français entre les Fassis. Pourquoi le Rif le Souss le moyen Atlas et Ait Baamrane était bannis des investissements.
    Cet héritage a permis au fassis d’être le makhzen caché cela leur a permis d’être toujours au gouvernement alors que les enfants des vrais militants étaient dans la misère.
    Qui a pillé la richesse Marocaine en faisant le bonheur des banques Suisses et Françaises pendant plus de 30 ans ?
    La vrai question qui se pose, le Maroc en restant un département Français (CEE) ne serait t‘il pas plus développé et plus démocratique. Par la suite demander l’independance en l’an 2000.
    Alors ne cracher pas sur toutes les idées de Thami Glaoui.
    TASSMI

    Répondre

  5. 19 12 2011
    abdelkader benmostefa - RFA - (15:36:05) :

    au maroc (el moughrib echaqiq) il est dans l´intérêt d´un roi illégitime de garder le peuple dans la tyrannie pour qu´il ne puisse pas se protéger par les armes, et qu´il soit si occupé a ses tâches quotidiennes qu´il n´ai pas le temps pour la rebellion. la monarchie des glaoui de la garde noire, acheté en afrique noire pour protéger les sultans sanguinaire contre la population locale. cette monarchie illégitime constitue le plus grand obstacle pour la libération,la liberté,et l´indépendance du peuple frére marocain, cette monarchie doit tomber avec tous ses bâtards glaoui!. une monarchie coloniale juive, le roi moulay hafid (1867-1940) qui a signé le traité du protectorat en tablier en peau de cochon, se convertit au judaisme. abdelkrim el khatabi (rahimah allah) oui c´est un grand homme valeureux, qui parvient a écraser en juillet 1921 l´armée espagnole a anoual et proclame même l´année suivante la république confédérée des tribus du rif.

    Répondre

  6. 23 02 2012
    ABOU - HRAWA (16:29:35) :

    le brigand hadj thami glaoui pére de hassan 2, appartien au clans familial des glaoui qui sont une dynastie de caids qui a regné sur une partie plus ou moins étendue du sud du maroc probablement depuis du XVIII, siécle. jusqu´en 1956, l´origine des glaouis reste abscur, il se sont même usurpé comme les alaouites aprés coup une ascendance cherifiene?. l´emir abdelkrime el khatabi le valeureux moudjahid oui! qui parvient a écraser en juillet 1921 l´armée espagnole a Anoual et proclame même l´année suivante la république confédérée des tributs du RIF. le maroc est une monarchie coloniale juive. le commandeur des croyans le sultan moulay hafid qui a signé le traité du protectorat moulay hafid en tablier en peau de cochon, se convertit au judaisme. les francs-macons au maroc sous la troisiéme république. moulay hafid 1867-1940.

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